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      Homélie du 12 juillet 2020 : En temps de crise : COMPRENDRE !

Homélie du 12 juillet 2020 : En temps de crise : COMPRENDRE !

Nous voici, avec le chapitre 13 de Matthieu au centre de son Evangile ! En ouverture de l’Evangile se trouve le discours sur la montagne sur les exigences de la venue du Royaume (5à7), au terme de l’Evangile un autre discours sur la montagne sur l’accomplissement du Royaume (23à25) et au centre de l’Evangile se trouve le discours énigmatique sur la mer sur la croissance du Royaume, avec une QUESTION centrale : pourquoi le Royaume annoncé par Jésus est refusé par certains et accueilli par d’autres ?


Pour bien comprendre ce discours, il faut le resituer dans la narration de l’Evangile.
Dans les chapitres 11 et 12, les autorités religieuses s’endurcissent et raidissent leur jugement jusqu’à vouloir purement et simplement se débarrasser de ce Jésus qui leur fait de l’ombre : « Ils tinrent conseil contre lui sur les moyens de le faire périr » 12,14. Il est accusé de fils rebelle qui mérite la mort en 11,19 et de démoniaque en 12,24. Il n’est pas écouté par les villes de Bethsaïde et de Capharnaüm 11,20-24. Voilà la situation des chapitres 11 et 12 qui précédent ce discours en paraboles : incompréhension, question, hostilité. Et ce n’est pas mieux à l’autre bout de ce discours ! Il s’achève sur l’incrédulité que sa ville, Nazareth, oppose à Jésus lorsqu’il parle dans sa synagogue : « D’où lui viennent cette sagesse et ces miracles ? N’est-il pas que le fils du charpentier ? Et ils ne croyaient pas » 13, 53-58 et se poursuit sur la mort de Jean-Baptiste 14,1-12. Voilà la finale de ce discours en paraboles : incrédulité, interrogation, assassinat !
Le Royaume annoncé par Jésus est bien mal parti ! Quand arrivera-t-il enfin ? Pourquoi devoir attendre si longtemps ? Pourquoi tant de modestie dans l’entreprise ? Comment expliquer l’opposition des autorités, le refus d’Israël, le refus et l’indifférence des foules, le découragement des chrétiens ?
Toutes questions qui deviennent peut-être encore plus actuelles aujourd’hui. Pourquoi tant d’indifférence à la foi ? Pourquoi si peu de monde dans nos églises ? Pourquoi tant d’opposition au christianisme dans le monde ? Pourquoi la célèbre et symbolique basilique byzantine Ste Sophie à Istanbul du 6ème siècle, musée international, vient-elle d’être transformée en Mosquée par le Prédisent Erdogan en Turquie ? C’est encore un affront pour les chrétiens pour ce pays qui ne compte plus que 1% de chrétiens. Le Conseil œcuménique des Eglises a exprimé sa « consternation » devant ce signe de division et d’exclusion. La France a simplement « déploré » !
Pour répondre à toutes ces questions et à ces objections, Jésus raconte « un jour » ces 7 paraboles en prenant la posture du Maître « assis au bord de la mer », posture d’enseignant et de roi. C’est bien sûr l’ensemble de tout le discours qui donne sens à toutes ces questions et pas simplement les paraboles prises une par une.
Par derrière tous les obstacles, les refus, les oppositions au Royaume, il y a une vraie et lente germination de la semence (13,1-23), une réelle et douloureuse passion de la semence (13,25-43), une prodigieuse et merveilleuse fructification de la semence (13,44-52).
Ainsi l’on passe progressivement d’une première partie où prédominent les échecs, les ivraies, les incompréhensions des foules à une deuxième partie où brillent les réussites de l’arbre, du pain, des chercheurs de trésors et où rayonne la compréhension et l’intelligence des disciples comme on passe de l’ombre à la lumière, du négatif au positif !
S’adressant à une communauté judéo-chrétienne qui est encore sous le choc de la rupture avec la majorité des fils d’Israël et donc obnubilée par leur refus et leur aveuglement, Matthieu prend en compte cette situation et invite les membres de sa communauté à laisser le négatif pour considérer le positif de la croissance du Royaume, lequel ne peut que parvenir à sa réalisation et à sa manifestation pleines et entières. Alors qu’en Israël, le rendement idéal de la moisson était de dix, il sera de 100, 60 et 30 ! Les échecs ne tueront jamais l’espoir de la moisson !
Mais d’abord, il faut semer ! Il faut annoncer la Parole du Royaume ! C’est le temps de la germination, de la semence qui « tombe » 13,4, qui « germe » 13,5-6, qui « grandit » 13,7, qui « mûrit » 13,8 !
Et alors il faut être comme l’agriculteur de Galilée, de Judée et de Samarie qui semait avant de labourer contrairement à chez nous. C’est intentionnellement et non par accident que le semeur répand sa semence en divers sols. Il semait tout le terrain à sa disposition, mais il ne savait pas exactement où était le sol profond et fertile. Il semait sur les sentiers étroits piétinés par les gens qui avaient traversé le champ, là où la terre était dure et ne laissait pas entrer la semence. Il semait également là où le sol n’était pas très profond comme c’est souvent le cas dans les collines d’Israël où la roche affleure assez facilement. Le semeur sait, cependant, que quelque part il existe une terre généreuse, une « bonne terre » qui lui donnera une bonne récolte jusqu’au centuple. Dieu sème et il sait que la terre produira du fruit. Comme le semeur ne renonce pas à semer malgré les échecs apparents, Dieu ne se fatigue pas des hommes. Il a foi en l’humanité comme nous avons à avoir foi en notre humanité malgré ses indifférences, ses refus, ses incompréhensions devant l’Evangile du Royaume.
Et pour Matthieu, une seule exigence est mise pour venir à bout de toutes les difficultés et les échecs dans l’annonce de la parole de Jésus : c’est de faire l’effort de la « COMPRENDRE » (1) : ceux qui sont la bonne terre sont ceux « qui entendent la parole et qui la comprennent » !
Pour Matthieu la « foi aveugle » ou, comme on dit, la « foi du charbonnier » n’est pas un idéal évangélique en cas de crise. L’intelligence du message de Jésus est la condition nécessaire de la vie de foi.
C’est l’itinéraire que Matthieu fait d’ailleurs accomplir aux disciples dans tout ce discours : de la foi questionnante à la foi intelligente :
« Avez-vous tout compris, demande Jésus à ses disciples, et eux de répondre par un « OUI » franc et massif ! Mt 13, 51

En situation de crise de la foi, il n’y a pas trente six solutions :
* continuer à semer la parole, « à temps et à contretemps »
* continuer à croire, comme Dieu et Jésus, à la terre et à l’humanité
* continuer à croire que la lumière succédera toujours à la nuit
* continuer à voir le positif par-delà le négatif
* continuer et continuer toujours à chercher à mieux comprendre et rendre intelligibles les paroles de Jésus !

Comme a dit récemment un chrétien : « Eteignez la télévision et allumez l’Evangile ! Il faut que la Parole de Dieu poursuive sa course. C’est le but de toute ma vie » !

(1) : « Comprendre » revient 9 x dans Mt (13, 13.14.15.19.23.51 ; 15,10 ; 16,12 ;17,13) contre 5x dans Mc, 4x dans Lc et 0 dans Jean

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