Paroisse de la Trinité Roubaix-Hem
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      17/01 :« le bien-aimé de l’humanité » !

17/01 :« le bien-aimé de l’humanité » !

Aujourd’hui, 3ème épiphanie !
Après les mages qui adorent Jésus « lumière des nations », après le baptême qui proclame Jésus « Le Fils bien aimé du Père », voici les noces de Cana qui glorifie Jésus comme l’Epoux de l’humanité, comme celui qui aime le monde comme un amoureux, comme un amant, comme un bien-aimé.


Comme je ne cesserais de le répéter, le récit par lequel chaque Evangile fait commencer le premier acte public de Jésus en dit long sur la manière dont il entend présenter son « Jésus » ! Commencer son Evangile par une noce, un mariage, où le vin va couler à flot (600 litres) c’est déjà tout nous dire de ce que cet auteur veut nous révéler de Jésus pour sa communauté.

C’est Lui et lui seul qui va décliner tous les registres de l’amour : l’amour-Passion ; l’amour-Amitié ; l’amour-Don ! C’est lui et lui seul qui détient le record de l’utilisation du verbe « AIMER » : plus de la moitié de toutes les références du N.T. (71 sur 141) !

Les noces, c’est une manière d’exprimer la relation entre Dieu et les hommes. C’est une relation d’ALLIANCE, d’AMOUR, de FETE. Israël n’a pas trouvé une image aussi belle que celle-là pour dire que Dieu est Amour. La première lecture a chanté cet amour de Dieu pour Jérusalem avec des mots merveilleux : « Comme un jeune homme épouse une jeune fille, celui qui t’a construite t’épousera. Comme un marié peut être fou de la mariée, il sera fou de toi, ton Dieu ! » Is 62,5

En plus, le contexte du signe de Cana n’est pas anodin. Cet Evangile s’ouvre par une semaine, comme la Genèse, et ce commencement des signes a lieu le septième jour ! C’est dire que l’auteur a voulu présenter la venue de Jésus comme l’avènement définitif et parfait de l’amour de Dieu ! Jésus réalise le rêve caressé depuis des siècles par le peuple d’Israël : le rêve de l’alliance, le rêve de l’amour, le rêve de l’ivresse de la fête : Dieu n’est que fête, alliance et amour au point que cet auteur sera le seul à définir Dieu comme amour : « Dieu est amour » 1 Jn 4,8.16. Et si « Dieu est amour » en formule théologique son Evangile ne pouvait que commencer en acte par un acte d’amour : les noces d’un homme et d’une femme !

Mais l’auteur a bien pris le soin de préciser, par de multiples indices, que cette noce à Cana est « le signe » d’une noce bien plus profonde que les noces d’un village où Jésus a pu se rendre avec sa mère et ses disciples. C’est Jésus qui est l’époux réel mais caché dans le récit, c’est Jésus qui devient l’époux de la noce.

Et ce n’est pour rien que la mère de Jésus n’est jamais appelée « Marie » dans cet Evangile mais « Femme » ! Femme comme nouvelle Eve ! Femme comme nouvelle Sion ! Désormais en Jésus des relations nouvelles basées sur l’amour, l’intimité, la tendresse, la passion se nouent entre l’humanité et Dieu et vont se mettre en place tout au long de l’Evangile.

Seulement dans cet Evangile, Jean-Baptiste se définira par rapport à Jésus en termes d’ami de l’Epoux : « Moi, dit Jean Baptiste, je ne suis pas le Christ. A l’époux l’épouse, moi Je suis l’AMI de l’époux, je me tiens là, je l’écoute et la voix de l’époux me comble de joie » 3,29 Mesurez la différence de présentation du Jean-baptiste de dimanche dernier qui soufflait la colère et le feu avec celui de cet Evangile qui chante la joie et l’amour de la noce !

Et que dire des trois figures féminines que cet Evangile va mettre en valeur en regard de Jésus. Elles s’inscrivent toutes dans un contexte de mariage, de passion, d’amour entre un homme et une femme !!!

Nous sommes au bord du puits à Samarie : le lieu par excellence de la rencontre de l’homme et de la femme pour le mariage et l’on y parle de quoi ; de mariage, de femme et de maris ! C’est le Christ qui devient ici aussi l’époux réel mais caché non seulement d’Israël mais de toute la Samarie à travers cette Femme qui représente toutes les communautés étrangères, rejetées, schismatiques : Dieu est amoureux de toute l’humanité et pas seulement des bien-pensants et de son petit pays, surprotégé par des frontières et des barrières de plus en plus infranchissables ! En cette journée des Migrants et des Réfugiés, Dieu est amoureux des rejetés, des exilés et des réfugiés

Et que dire de la connotation sensuelle et passionnelle de la rencontre de Jésus avec Marie de Béthanie ? Là où, dans l’Evangile de Marc, Marie verse de l’huile sur la tête de Jésus, dans l’Evangile de Jean, Marie verse sur les pieds de Jésus de l’essence de parfum d’un nard le plus précieux, le plus coûteux, à l’odeur enivrante ! Quelle onction d’amour pour celui qui va donner sa vie pour le monde !

Et puis l’auteur de cet Evangile va garder le joyau de la rencontre d’amour entre Jésus et une femme au dernier chapitre de son Evangile.

Après le vin de Cana, après le puits de la samaritaine, après le parfum de Béthanie, voici le JARDIN de la résurrection ! Comme dans le jardin du Cantique des Cantiques où les biens-aimés se cherchent et se trouvent, puis se séparent à nouveau, s’interpellent, se questionnent et s’échangent, Jésus et Marie de Magdala, dans la seule rencontre personnelle et privilégiée des récits d’apparition, se cherchent et se trouvent au jardin, s’interpellent avec les mots de la passion et de l’amour. Marie de Magdala devient la femme qui reçoit de son bien-aimé la mission d’annoncer à ses frères que « SON Seigneur » est vivant et que les amis de Jésus ont maintenant à annoncer au monde l’amour de Dieu.

Alors, pour finir, il ne sera pas étonnant que cette alliance d’amour et de passion, initiée aux noces de Cana au tout début de l’Evangile se conclura dans les noces de l’Agneau à la fermeture de toute l’œuvre littéraire de cette tradition Johannique, noces quatre fois évoquées dans le livre de l’Apocalypse pour signifier le nouveau monde de Dieu :
« Joie, joie, joie : voici les noces de l’Agneau et son Epouse s’est préparée… Ap 19,7
« Heureux ceux qui sont invités au festin des noces de l’Agneau… 19,9
« Je vis la Jérusalem nouvelle qui descendait du ciel, apprêtée comme une fiancée, parée pour son époux…21,2
« L’Esprit et l’épouse disent : Viens… Viens Seigneur Jésus 22,17 ».

  • Pas de plus claire invitation à vivre notre foi sous le signe de la fête, de la joie, de la convivialité, de l’hospitalité, de la passion !
  • Pas de plus claire invitation à vivre nos relations sous le mode de l’alliance, de l’amour, de la tendresse !
  • Pas de plus claire invitation à ouvrir nos portes, nos frontières pour faire « l’expérience de l’émerveillement et de la joie de la rencontre, de l’échange et de la solidarité » Pape François

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