Paroisse de la Trinité Roubaix-Hem
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      l’Eglise s’appelle « FRATERNITE

l’Eglise s’appelle « FRATERNITE

L’Eglise s’appelle « FRATERNITE » ! Jamais ce titre d’un livre qui vient de sortir ne s’applique mieux à l’Evangile de Matthieu qui est le seul à utiliser le mot « Eglise » de tous les Evangiles et le seul à employer avec le plus de fréquence le mot « FRERES » de tous les Evangiles ! (1)


« Fraternité » est le nom propre de l’Eglise du 1er au 3ème siècle. Ce nom lui est spécifique et n’a absolument jamais été utilisé avant le christianisme, ni par les philosophes, ni par les associations profanes ou religieuses ! Ce mot « Fraternité » (Adelfoth§) est une création des chrétiens pour se définir entre eux. Il a sa source dans notre relation vitale à Jésus notre frère. Par notre baptême, nous devenons « frère de Jésus » et nous entrons en « fraternité » chrétienne. Jésus ressuscité, « premier-né d’une multitude de frères » Rm 8,29, nous appelle « ses frères » : « Va trouver mes frères, dit Jésus à Marie de Magdala, et dis-leur que je monte vers mon Père qui est votre Père » Jn 20 , 17.
Alors St Pierre de dire : « Aimez la Fraternité » 1er Pierre 2,17 : c’est-à-dire aimez la communauté des frères et sœurs en Christ !
Alors le Pasteur d’Hermas, un auteur chrétien du 2ème siècle, de dire « Veillez ensemble sur la Fraternité » : c’est-à-dire préserver à tout prix la cohésion de la communauté des frères et sœurs en Christ !
Et que nous dit aujourd’hui Matthieu que nous pourrions résumer d’un même slogan : « GAGNER la FRATERNITE » !
Ecoutons ces 3 textes qui ne se trouvent que dans cet Evangile de Mt et qui nous ordonnent, je dirai, à former une communauté de FRERES, qui nous ordonnent à « GAGNER LA FRATERNITE » :
« Quand tu vas présenter ton offrande à l’autel, si là tu te souviens que ton FRERE a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande et va d’abord te réconcilier avec ton FRERE. Ensuite seulement, reviens à l’autel. » Mt 5,23-24
Gagner la fraternité c’est d’abord tout mettre en oeuvre pour calmer et réprimer sa colère pour ensuite travailler à la réconciliation. L’homme le plus délicat, le plus paisible, peut un jour sentir monter en lui la violence de Caïn ! La 1ère fois où le mot « frère » apparaît dans la Bible, en Genèse 4, c’est pour parler de cette fraternité perdue, barrée, compromise entre Caïn et Abel. Et voilà que le Jésus de Matthieu entend restaurer, au seuil du Nouveau Testament, une nouvelle fraternité basée, non plus sur la colère, la jalousie ou la convoitise, mais sur la douceur, la réconciliation, la conciliation !
Ecoutons tout de suite le 3ème texte sur la fraternité propre à Matthieu :
« N’appelez personne sur terre « Maître » « Rabbi », car vous n’avez qu’un seul Enseignant et vous êtes TOUS FRERES…Ne vous faites pas non plus appeler « Professeur » car vous n’avez qu’un seul professeur le Christ. Le plus grand parmi vous sera votre SERVITEUR » » Mt 23,8
Gagner la Fraternité c’est reconnaître l’éminente EGALITE et dignité de tous les membres de l’Eglise. Personne ne doit s’estimer supérieur aux autres. Personne ne doit s’arroger de titres d’honneur, de pouvoir et de prestige dans la Fraternité chrétienne. Nous sommes tous frères et serviteurs ! Nous ne sommes tous que des disciples de Jésus, le seul Enseignant (Jésus ne reprenant pas pour lui-même le titre de Rabbi qui connote une idée de supériorité et de grandeur) et le seul Professeur ! L’Eglise de Matthieu n’est pas fondée sur la hiérarchie mais sur la fraternité !
Et voilà au centre de ces trois textes celui qui nous demande avec insistance de « Gagner la Fraternité » : « Si ton FRERE a péché, va le voir et raisonne-le seul à seul. S’il t’écoute, tu auras gagné ton FRERE » Mt 18,15
Notre passage, souvent tiré du contexte de tout l’Evangile et de son contexte immédiat, a malheureusement été interprété dans l’Eglise comme un appel à l’excommunication, à l’exclusion ou à la mise en quarantaine du frère. « S’il refuse d’écouter l’Eglise, qu’il soit pour toi comme le païen et le publicain : exclue-le ». Or il s’agit de tout le contraire. Il s’agit de tout faire pour « gagner le frère » ! Matthieu va s’ingénier à tordre le cou et à recadrer une règle disciplinaire provenant certainement de la juridiction judéo-chrétienne.
Comment s’y prend-t-il ? Cette règle disciplinaire est d’abord encadrée par deux textes qui montrent l’infinie tendresse et l’infini pardon de Dieu.
Notre règle est précédée par la parabole de la brebis égarée qui veut que le berger remue ciel et terre pour ramener sa brebis perdue au sein du troupeau, comme tout doit être fait pour gagner son frère égaré. Et cette parabole se termine par cette phrase : « Ainsi votre Père du ciel veut qu’aucun de ces petits ne se perde » ! Et puis notre règle est suivie immédiatement de l’appel au pardon infini : « Seigneur, quand mon frère commettra une faute à mon égard, combien de fois lui pardonnerais-je ? Jusqu’à 7 fois ? Jésus répondit : « Je ne te dis pas jusqu’à 7 fois mais jusqu’à 70 fois sept fois » 18,21-22
Si donc un de mes frères m’a blessé, c’est à moi de courir le premier, comme le Berger court vers la brebis égarée pour lui faire rejoindre tout le troupeau. Oui, c’est à moi le premier, dit Jésus, de courir pour « gagner mon frère » ! Et ce n’est pas une seule fois que je dois essayer, mais trois ! ! ! Et ce n’est pas une fois ou 7 fois que je dois lui pardonner mais jusqu’à 70 fois 7 fois !!!
Ce qui est en jeu dans ce texte, ce n’est pas tant de faire la leçon ou de faire des reproches, des accusations, des critiques au frère qui s’est éloigné que de tout faire en vue d’une réconciliation fraternelle ! Il n’y a rien de plus douloureux et pénible pour Jésus que de voir une communauté chrétienne être en danger de perdre un frère ou une sœur !
Et quand tout a été essayé et que, malgré tout, le frère « est passé à côté » de ces propositions de fraternité, il ne reste plus que deux choses à faire :
« le considérer comme un païen et un publicain » : c’est-à-dire avoir vis-à-vis de lui la même attitude de sollicitude que Jésus a eu envers les païens et les publicains : comme ce regard bienveillant posé par Jésus sur le publicain Matthieu Mt 9,9 et ce regard de louange posé par Jésus sur le centurion païen dont il admire la foi en Mt 8,10 !
et la 2ème chose à faire : c’est de le remettre dans les mains du Père dans la prière ! ! ! non pas exclusion du frère récalcitrant, mais inclusion priante dans l’amour du Père ! ! !
A la question jadis posée par Caïn à Dieu : « Suis-je le gardien de mon frère ? », le prophète Ezéchiel et Jésus viennent de répondre par ces textes : « Oui, je t’établis gardien et sentinelle de ton frère ! Oui, ta responsabilité de chrétien c’est de gagner ton frère. » ! ! !
Beau travail pour notre communauté-fraternité tout au long de cette année pastorale ! Communauté-Fraternité que Jean Vanier définit ainsi :
« Une communauté n’est pas cohabitation, cela, c’est un hôtel. Elle n’est pas une équipe de travail et encore moins un nid de vipère ! C’est le lieu où chacun émerge des ténèbres de l’égocentrisme à la lumière de l’amour véritable…C’est une attention à l’autre qui devient peu à peu engagement, reconnaissance d’une alliance, d’une appartenance mutuelle. C’est l’écouter, se mettre à sa place, le comprendre, être concerné par l’autre…C’est demeurer mutuellement l’un dans l’autre, prenant refuge l’un dans l’autre… »

En savoir plus

(1) Michel Dujarier : « Eglise-Fraternité » L’Eglise s’appelle « Fraternité » L’ecclésiologie
39 x « frère » dans Mt contre 20x dans Mc et Lc et 14x dans Jn !

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