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      Veillée Pascale : l’inimaginable s’est produit !

Veillée Pascale : l’inimaginable s’est produit !

Il y a, dans la vie, des événements si forts et si bouleversants qui font craquer le langage, que, pour les dire, il faut utiliser des mots qui disent que quelque chose d’inimaginable s’est produit. Et avec ces 3 femmes qui viennent au tombeau trois jours après la mort de Jésus quelque chose d’inimaginable s’est produit.


Ces 3 femmes décident d’aller embaumer le corps de Jésus.

C’est une démarche déraisonnable. Qui, compte tenu de la chaleur du climat palestinien, songerait à rouvrir un tombeau après trois jours ? Mais pour ces femmes, dans leur impuissance totale et dans une douleur intense face à cette mort, face à ce qui est irrémédiablement fermé et vérouillé, c’est le seul geste qu’elles aient trouvé pour saluer une dernière fois le mort, pour lui exprimer un dernier geste d’hommage, lui donner une dernière marque d’affection, de révérence.

Mais voilà qu’elles vont découvrir quelque chose d’inimaginable : une pierre roulée et dans le tombeau, assis à droite, « un jeune homme vêtu d’une robe blanche ». C’est un code biblique qui veut dire : ce que va dire cet homme n’est pas le fruit de ses réflexions ou d’une grande sagesse, ou d’une forte méditation, mais c’est une parole qui vient de Dieu, une parole qu’il n’a pas inventée mais qu’il a reçue de Dieu.

Et cette parole vient leur dire aussi quelque chose d’inimaginable : « Jésus le Crucifié est ressuscité » ! Dieu l’a réveillé, Dieu l’a fait revivre. Autrement dit, L’espérance du peuple d’Israël qu’un jour Dieu réveillerait ceux qui sont couchés dans la mort, eh bien cette espérance s’est produite ici et maintenant pour Jésus. Dieu l’a relevé, Dieu l’a réveillé, Dieu s’est solidarisé avec la victime et non avec les bourreaux, Dieu l’a réhabilité, Dieu est de son côté ! La mort de Jésus n’est pas un fiasco, une fin lamentable mais voilà que Dieu lui donne son accord, que Dieu le réhabilite, que Dieu est de son côté !

Et la parole inimaginable du jeune homme aux femmes continue : « Ce Jésus ressuscité, vous le rencontrerez en Galilée ». Ce que les femmes doivent transmettre aux disciples et donc à nous c’est que Jésus ressuscité se donne à découvrir dans leur vie quotidienne, dans leur maison, dans leur travail, dans leurs relations. Nous ne pouvons plus mettre la main sur Jésus comme de son vivant sur la terre. Nous ne pouvons que découvrir les traces de son passage dans les Galilées de nos vies, dans les carrefours de nos vies. Nous ne pouvons que repérer les traces du Jésus qui passe que, comme lorsque Jésus était actif en Galilée, quand des malades retrouvent la santé, quand des gens se relèvent d’un échec, d’une difficulté, quand des hommes et des femmes sont libérés, quand ils se relèvent dans leur humanité, quand des marginaux sont honorés. C’est ce que Jésus a fait tout au long de sa vie sur les routes de Galilée ! Et c’est ce que nous avons à faire pour vivre de la résurrection de Jésus, cet événement inimaginable !

Et c’est si inimaginable et si difficilement acceptable pour la raison et pour la foi que le récit se termine, dans Marc, d’une étrange manière, par une fin abrupte :
« Les femmes s’enfuient du tombeau, car elles étaient bouleversées et elles ne dirent rien à personne car elles avaient peur » !
C’est la peur, la fuite et le silence !

C’est vrai, nous n’avons pas coutume d’associer Pâques à la peur, mais plutôt à la joie des ALLELUIA. Mais, il y a, dans cette obstination de Marc à terminer sur la peur des femmes, une tonalité à ne pas perdre.

Trois termes qualifient cette peur : « Elles tremblent, elles sont bouleversées, elles craignent ». Cette annonce de la résurrection est un véritable choc : la nouvelle que la mort n’est pas le dernier mot sur la vie de Jésus dépasse infiniment tout ce qu’elles avaient envisagé. Elle est une absolue surprise. Leur bouleversement indique leur déstabilisation, leur perte des repères. Ce bouleversement est le signe de cet inimaginable : la mort n’est pas l’ultime parole sur la vie : après la mort, Dieu relève, Dieu fait vivre !!! Puissions-nous être, nous aussi, bouleversés de cette nouvelle qui dépasse tout ce qu’on peut imaginer sur la mort et la vie !

Et puis, il y a le silence ! Ce silence des femmes rejoint la difficulté des disciples hommes aussi à croire à la résurrection de Jésus et à la nôtre au moment de la transfiguration de Jésus : « Ils ne savaient que dire car ils étaient saisis de peur » Mc 9,6 . Oui, cette nouvelle de la résurrection est livrée au risque du silence, du malentendu, du doute, du refus. Dieu ne s’impose pas. Dieu ne se donne que dans le creux de nos paroles humaines, de nos difficultés à rendre compte de cet inimaginable qui prête parfois à sourire sinon à dérision et à persécution.

A nous, semble dire Marc, par cette fin abrupte, d’oser une parole risquée sur cet inimaginable qui s’est produit un jour dans notre histoire et de repérer les traces du Jésus ressuscité qui passe encore aujourd’hui discrètement dans nos vies chaque fois que nous passons de l’ombre à la lumière, de la mort à la vie, de la haine à la fraternité, de la désunion à la relation comme Jésus l’a fait tout au long des routes de Galilée !

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