Paroisse de la Trinité Roubaix-Hem
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      Homélie du jour de Noël 2016 : Parole et Amour !

Homélie du jour de Noël 2016 : Parole et Amour !

Les deux prologues lus aujourd’hui, celui de la lettre aux Hébreux et celui de l’Evangile de Saint Jean se complètent admirablement pour conduire notre contemplation de ce matin de Noël, pour nous dire qu’il vient de très loin et de très haut, ce petit ! Ce petit Jésus ! « couché dans une mangeoire entre un âne et un bœuf » !


Dans ces deux magnifiques poèmes se dit toute l’originalité chrétienne : nous ne pouvons penser Dieu, parler de Dieu, réfléchir Dieu que « Par Jésus-Christ », Parole de Dieu » et « expression parfaite de son être » !
Nous n’avons plus d’autre parole à dire pour nous expliquer sur Dieu que de regarder parler et agir Jésus-Christ : « resplendissement de la gloire du Père ». « Qui m’a vu, dira Jésus dans ce même Evangile, a vu le Père » Jn 14,9
Alors qui est Dieu selon ce prologue en regardant toujours vers le Fils Jésus-Christ ? Qui est Dieu en nous arrêtant seulement sur deux mots de cette hymne gigantesque. D’abord le mot qui revient 3 fois au premier verset : LOGOS
« Au commencement était la PAROLE, et la PAROLE était tournée VERS DIEU et la PAROLE était DIEU et elle était dès le commencement tournée VERS DIEU » !
Voilà en juxtaposition stricte 3 fois PAROLE et 3 fois DIEU comme pour lier de façon inextricable Jésus comme PAROLE DE DIEU !
Dès avant la création du monde, dans un commencement précédant la création du monde, l’un et l’autre (Dieu et le LOGOS) se parlent, dialoguent, échangent.
Dès le commencement, ce qui caractérise Dieu est son rapport au LOGOS. Dès le commencement, Dieu est perçu comme LOGOS, c’est-à-dire comme discours, comme interpellation, comme don de sens et non comme force, puissance ou mystère. Une communion de parole s’insère en Dieu. Une relation de parole est de toute éternité entre Dieu et le Fils.
Et Jean n’a pas choisi au hasard ce mot LOGOS qui regorge de réminiscences sémitiques et grecques. En Grec, c’est un mot masculin (LOGOS) qui dit le sens du monde. En Hébreu, c’est un mot féminin (SOFIA) qui se réfère à la Sagesse, artisane de l’univers.
Il y a en Dieu du masculin et du féminin ! Il y a du dialogue et de la discussion à faire naître entre le monde grec et le monde sémitique, entre l’orient et l’occident !
Oui, Dès avant la création du monde, Dieu n’est pas un être qui prend son plaisir à exister tout seul, muet dans son silence. Au commencement, Dieu parle déjà à un autre que lui, à un vis-à-vis, à un face à face que seulement la fin du prologue nommera « Jésus-Christ », « le Fils unique » Jn 1,17-18.
Et si Dieu est PAROLE, DIALOGUE, ECHANGE, nous ne serons pas étonné de voir Jésus, dans cet Evangile, sans cesse en train de parler et de dialoguer avec les gens en de longs entretiens construits sous forme de questions et de réponses, avec sans cesse des relances : comme avec Nicodème, la Samaritaine, Marthe et Marie, les juifs et que dire des « discours » d’adieu aux disciples qui courent des chapitres 13 à 17 !
Cet enfant Jésus qui ne parle pas dans la crèche de Luc est devenu le LOGOS qui parle de toute éternité dans cet Evangile de Jean et qui nous engage à la conversation, aux questions, au dialogue avec le monde dans lequel nous vivons.
Mais remarquez aussi la manière délicate et amoureuse, dynamique et vivante, dont est décrite cette relation de la PAROLE et de DIEU au premier et au dernier verset :
Verset 1 : « La PAROLE était tournée VERS DIEU » « PROS »
Dernier verset 18 : « Le FILS Celui qui est VERS le SEIN du PERE » « EIS »
La parole devient le Fils et Dieu devient le Père et entre les deux c’est du mouvement incessant : le Fils n’est pas auprès de Dieu ou dans le sein du Père, ils sont relation tendue, vivante, l’un vers l’autre, toujours en désir l’un vers l’autre. Le Fils est orienté de tout son être, en tout ce qu’il vit, dit et projette, vers le sein du Père. Le Fils est celui qui recherche sa source vers le sein du Père.
Remarquez encore ce mot étrange pour parler de Dieu : « Le sein du Père » ! C’est une expression de tendresse affective qui évoque la bipolarité féminin-masculin déjà repéré par le mot Logos. On retrouve la même expression « Vers le sein » appliqué à Moïse dans le livre des nombres :
« Moïse disait à Dieu…Est-ce moi qui ai enfanté ce peuple pour que tu dises : « Porte-le vers ton sein, comme la nourrice porte l’enfant à la mamelle » Nb 11,12
C’est le geste très intime de l’homme qui serre sa femme contre son cœur (Dt 13,7), de la femme qui serre son mari contre son sein ou de la mère qui prend son enfant sur sa poitrine (Ruth 4,16), ou du disciple bien-aimé, dans ce même Evangile, qui va se retrouver à table à la dernière cène avec Jésus « couché dans le sein de Jésus » Jn 13,23.
C’est la position de l’aimé à l’égard de l’aimant, du bien-aimé à l’égard à sa bien-aimée !
C’est vers ce Dieu là que tout l’Evangile de Jean souhaite nous mener : un Dieu PAROLE et un DIEU AMOUR dont Jésus est « l’image, l’icône, le resplendissement, l’expression la plus parfaite » ! On comprend que tout l’Evangile de Jean est l’Evangile de l’amour, qui ne parle et ne respire que d’amour !
C’est vrai, nous avons pris de la hauteur par rapport au petit Jésus de la crèche de Luc mais nous venons de parler de notre Dieu qui en Jésus n’est que Parole et Amour pour que nous devenions à notre tour Parole et Amour !

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