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      Homélie du 4 Novembre 2017 : « Que nous montions ! »

Homélie du 4 Novembre 2017 : « Que nous montions ! »

Il existe un livre de la Bible que l’on ne commente jamais pour lui-même dans une homélie. Permettez-moi, en ces lendemains de Toussaint où nos regards se tournent vers ceux que nous avons connus et aimés et dont l’absence nous fait mal, d’ouvrir avec vous et pour vous ce livre des PSAUMES et notamment ce petit joyau qu’est le psaume 131 que nous avons chanté !


De cette Parole de Dieu des psaumes, je ne vais retenir que deux aspects qui sont essentiels pour notre spiritualité et le sens de notre vie en ce mois de novembre.
Tout d’abord, les psaumes sont une prière orientée, finalisée, tendue vers la LOUANGE.
La LOUANGE est le premier mot et le dernier mot des 150 psaumes qui en hébreu s’appellent « Louanges ». (Tehilim). Cela veut dire que la dynamique profonde de ces psaumes, de ces cris du cœur et du corps souffrant, est de nous faire progressivement passer de la supplication à la louange, des psaumes de « dislocation », de détresse, de « désorientation », aux psaumes de louange, d’admiration, de célébration du Dieu vivant.
Ce n’est pas rien de nommer ainsi « Louanges » un livre rempli de cris, de supplications, de plaintes, de colère, de révolte, un livre qui raconte l’histoire d’hommes et de femmes qui vivent dans l’angoisse et la nuit de la foi, qui ont le sentiment que Dieu s’est éloigné d’eux comme le dit cette question : « Pourquoi te caches-tu, Seigneur, aux pires moments de mon malheur ? » Ps 10,1
Et pourtant, plus on avance dans ces psaumes, plus on s’oriente vers la louange pour terminer par le psaume 150 qui comprend 10 fois l’impératif « LOUEZ » !
« Alléluia ! Allez louez Dieu…Louez-le avec les cymbales . Tout ce qui respire allez Louez Dieu. Alléluia. »
Cette dynamique du livre nous suggère qu’en dépit de toutes les impasses et les morts que nous traversons se profile une irrésistible force de vie plus forte que la mort ! ! !
Prier, vous voyez d’après ce livre, en ce jour de mémoire de nos défunts, dans ces circonstances où la vie frôle à chaque jour la mort, c’est crier, gémir, pleurer devant Dieu mais en même persévérer dans la louange, l’émerveillement et la célébration du Dieu vivant. Prier c’est « perdre la vie à demander la vie, perdre sa vie à espérer la vie » !
Prier selon ce livre des louanges, c’est crier, appeler, supplier, mais c’est aussi refuser la démission, l’abattement total, la résignation face à la mort. C’est refuser de penser que tout est foutu et que la mort soit le dernier mot de l’histoire.
Voilà pourquoi, du fond de ces abîmes de douleur, s’élève petit à petit, dans ce livre, une IRRESISTIBLE montée de la LOUANGE qui finit par couvrir le mal, la souffrance et la mort !
Et puis, il y a une autre intuition profonde qui traverse ces 150 psaumes qui est de dire que notre vie, notre prière, notre spiritualité doivent être orientées, finalisée, tendue vers une MONTEE vers Dieu.
Notre Psaume 131 fait partie d’un ensemble de 15 psaumes appelés « Psaumes des MONTEES ». Trois fois par an, pour les trois grandes fêtes de Pâques, Pentecôte et des Tentes, les Israélites quittaient leur champ, leur village, leur ville pour MONTER à Jérusalem, en Pèlerins. Ils montaient à la cadence des 15 chants courts et adaptés au souffle des marcheurs et avant d’entrer dans le Temple, les pèlerins se trouvaient devant la porte de bronze précédée d’un escalier de 15 marches. Les pèlerins les gravissaient lentement en chantant un psaume sur chacune des 15 marches. Ils chantaient la PAIX, Ps 122), la joie d’être fils et filles de Dieu, (Ps 127) la fraternité (Ps 133), la confiance en Dieu (131).
Oui la confiance en Dieu c’est ce qu’exprime avec brio ce tout petit psaume 131.
Dès le départ, en disant « Seigneur » et en terminant par « Seigneur », le priant exprime au Seigneur son entière confiance ; puis il exhorte sa communauté d’appartenance à cultiver la même attitude spirituelle : « Attends le Seigneur Israël » !
Cette confiance s’exprime d’abord sous mode négatif : rien dans la vie de ce priant (ni son cœur, ni ses yeux, ni ses pieds) rien ne l’a empêché de vivre cette confiance qui exige le refus de l’orgueil, le refus de l’arrogance, le refus de l’ambition démesurée. Vient ensuite l’affirmation pure et simple : le priant a mis toute sa vie entre les mains du Seigneur : « J’ai placé ma vie en toi ! ». Et arrive par deux fois la comparaison avec l’enfant : « J’ai placé ma vie en toi comme un bébé sevré sur sa mère ! Comme un bébé sevré, je suis apaisé » !
L’image de ce bébé sevré exprime la sérénité, le calme, le repos, l’abandon. Mais c’est un bébé sevré qui n’a plus besoin de sa mère pour se nourrir mais seulement pour connaître la sécurité, l’intimité, l’affection et l’amour. Ce bébé devient Fils d’un Dieu-mère !
Au cœur de tous nos malheurs, de toutes nos angoisses, de toutes nos questions, nous sommes les femmes et les hommes aimés de Dieu de toute éternité comme une mère peut consoler, chérir et aimer ses enfants !

Ce psaume devient une MONTEE dans la confiance en Dieu pour le priant et pout tout Israël !

C’est à cette montée vers Dieu que converge toute la Bible.
Savez-vous que le dernier mot et dernier verbe des milliers de pages de la Bible hébraïque de l’Ancien Testament est le suivant : « Que le Seigneur notre Dieu soit avec son peuple et qu’il monte… » 2 Chro 36,23. Toute la Bible de l’A.T. s’arrête sur ce verbe « MONTER » avec des points de suspension ! Le croyant n’est qu’un pèlerin qui monte et qui monte toujours Vers son Dieu dans la confiance et la paix !
Cette parole : « et qu’il monte » aura chanter aussi à l’intérieur de Jésus qui n’aura de cesser de monter, de monter de Nazareth à Jérusalem, de la Galilée à Jérusalem, et du Golgotha au Paradis.

Les 4 Evangiles se termineront par ces paroles de Jésus à Marie de Magdala dans l’Evangile de Jean : « Va dire à mes frères que je monte vers mon Père qui est votre Père, vers mon Dieu qui est votre Dieu ! » Jn 20,17

Puisse notre vie comme notre mort n’être qu’une montée vers Dieu notre Père, vers Dieu notre Mère et n’être qu’un chant de louange et de célébration du Dieu de la vie !

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