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Homélie du 4/11/ 2018 : Combien as-tu aimé Dieu et ton prochain ?

Les Evangiles sont écrits 50 ans après la mort de Jésus et sont à 90% des catéchèses sur l’Eglise, sur le Christ, sur l’agir des chrétiens.
Mais parfois on a des récits qui peuvent remonter au Jésus de l’histoire et nous transmettre des paroles authentiques de Jésus. Ca semble être le cas dans ce récit de la rencontre de ce scribe et de Jésus. Nous avons affaire ici à un épisode réel de la vie de Jésus


C’était dans l’air du temps de chercher à résumer les principes essentiels de la Loi, de rechercher ce qui peut être la quintessence de la volonté de Dieu. Dans aucune autre rencontre entre un scribe et Jésus, nous avons un tel dialogue positif, un échange aussi créatif, une réelle approbation de l’un par l’autre ! « Tu as BIEN répondu » aux sadducéens, commence par dire le scribe à Jésus. Puis une seconde fois : « Tu as BIEN parlé, Maître », ce à quoi Jésus répond « Toi aussi, tu as répondu avec intelligence et perspicacité » !

Nulle part ailleurs, on ne trouve une telle discussion amicale et sympathique entre Jésus et un scribe.

La question posée par ce scribe merveilleux pourrait se traduire ainsi : « De quelle sorte est le premier commandement de toutes choses ? » « Que contient, que dit de majeur, d’essentiel, de fondamental, le commandement qu’alors on dira premier ? » Et Jésus de répondre de façon originale, unique, incomparable en reprenant mot pour mot deux textes de la Loi, en les reliant l’un à l’autre, en les mettant dans un ordre numérique et enfin en affirmant qu’aucun autre commandement n’est plus grand que ces deux-là. Aucun autre texte dans l’A.T., dans toute la littérature juive, ni même dans le reste du N.T. ne pose un tel principe. Et c’est Jésus qui le fait !

« Le PREMIER commandement est : Ecoute Israël : Le Seigneur notre Dieu est le Seigneur Unique et tu aimeras le Seigneur ton Dieu…le DEUXIEME commandement est celui-ci : tu aimeras ton prochain comme toi-même. Aucun autre commandement n’est plus grand que ceux-là » !

L’amour de Dieu en premier ! l’amour du prochain en second ! mais ces deux commandements sont supérieurs à tout et à toute la Loi !

Jésus ne dit pas que le premier se fonde dans le second : il met une priorité : en premier l’amour de Dieu et en second l’amour du prochain. Nous ne pouvons pas vivre l’amour du prochain si nous ne le relions pas à sa source : l’amour de Dieu. Nous ne resterons pas chrétiens si nous ne faisons qu’agir pour nos frères. Nous ne resterons pas chrétiens si nous ne venons plus nous ressourcer à la Parole de Dieu, si, pour la moindre raison, nous ne participons plus à la messe, si nous ne communions plus à sa présence et à son amour.
Cette priorité est si importante pour Jésus qu’elle est la seule à être amplement développée : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu, dit Jésus,
de ton cœur entier
et de ton souffle entier,
et de ta pensée entière
et de ta force entière »

ce à quoi acquiesce le scribe merveilleux en répétant et en ajoutant : « oui ! l’aimer de son cœur entier et de son intelligence entière et de sa force entière » ! Cela ne fait pas moins de 7 facultés qui sont convoquées pour vivre cet amour de Dieu ! L’amour de Dieu doit mobiliser toutes les énergies vitales, psychologiques et rationnelles de l’homme.
Ce premier commandement, le Judaïsme l’a retenu comme sa profession de foi, « sa prière angulaire » : « SHEMA ISRAEL : ADONAI ELOENOU ADONAI ERAD » !
Cette prière angulaire est récitée deux fois par jour : matin et soir. C’est la toute première prière que les enfants apprennent à l’aube de leur éducation juive, c’est aussi cette phrase que récite une personne qui va mourir, ou celle qui accompagne un mourant, c’est celle qui est inscrite à l’entrée de chaque maison juive sur la mezouza.
D’une certaine manière, le CHEMA est la prière qui encadre la vie d’un juif : celle qui borde à la fois sa journée (matin et soir) et son existence ( de son enfance à sa mort) !
Notre amour de Dieu a-t-il cette puissance, comme celle de Jésus et de ce scribe, qui mobilise toutes nos énergies, toutes nos forces, tout notre intellect, dans notre espace, dans notre corps, dans nos relations sociales ?
Pourrait-on dire de nous : « Voyez comme ils aiment Dieu, comme ils aiment Jésus ! » comme bien des saints que nous avons fêtés jeudi, comme bien des personnes que nous connaissons qui ont un amour passionnel pour Jésus !

Mais cet amour passionnel pour Dieu et Jésus conduit à l’amour du prochain :
« Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». (*) C’est souvent compris de façon très psychologique : « Tu aimeras ton prochain comme tu t’aimes toi-même ». Tu agiras envers lui dans son intérêt et pour son bien de la même manière qu’on est soucieux de son propre bien.
Or le contexte du Lévitique donne à traduire d’une tout autre manière :
« Tu aimeras ton prochain comme DIEU t’aime toi-même » ! « Tu aimeras ton prochain comme toi-même tu es aimé par Dieu ! ».
Nous n’aimons pas notre prochain à la mesure de nous-mêmes, à l’aune de nos propres références. Nous aimons notre prochain comme Dieu nous aime d’un amour infini, absolu, radical. Nous aimons notre prochain comme Jésus nous aime, d’un amour de don total, de service total, de pardon total !
Notre amour du prochain a-t-il cette puissance de l’amour de Dieu, de l’amour de Jésus comme bien des saints que nous avons fêtés jeudi, comme bien des personnes que nous connaissons qui ont un amour débordant et généreux pour leurs frères et sœurs en humanité ?

Au terme de notre vie, lorsque nous nous présenterons devant Dieu, il ne nous demandera pas combien nous avons offert d’holocaustes et de sacrifices, combien nous avons écrit de livres ou récité de prières, il ne nous posera qu’une seule question : Combien as-tu aimé Dieu et ton prochain ?

En savoir plus

(*) « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ! » Lev 19,1
Le problème de cette phrase c’est qu’il manque le verbe de la 2ème partie !!!

1° tu aimeras ton prochain comme (tu t’aimes) toi-même
= la traduction porte sur la façon avec laquelle j’aime un autre : je ne peux pas aimer l’autre si je ne m’aime pas moi-même !
2° tu aimeras ton prochain comme (il est lui) toi-même
=la traduction porte sur la similitude entre moi et mon frère : je dois aimer mon frère car il est un autre moi-même
3° tu aimeras ton prochain comme (Dieu t’aime) toi-même, je suis le Seigneur ton Dieu
= la traduction porte sur l’amour que Dieu nous porte :
« Tu aimeras ton prochain et tu le sauveras de ses difficultés par tes propres actes, COMME toi-même, qui es aimé par moi, YHVH ton Dieu, malgré ta faiblesse et ton infidélité, et qui es sauvé par moi de la maison de servitude »
Le mot « rea » signifie « prochain » dans les sens très variés de camarade, allié, confrère, ami, amant, bien-aimé, étranger, frère, congénère
Le texte hébreu des 2 commandements « tu aimeras le Seigneur ton Dieu » et « tu aimeras ton prochain » oblige à mettre une différence entre ces deux commandements car la structure grammaticale n’est pas la même :
« Tu aimeras le Seigneur » : le verbe est suivi d’un complément d’objet direct : Dieu seul peut être aimé de façon absolue !
« Tu aimeras POUR ton prochain » : le verbe est suivi d’une préposition qui indique la direction le but : la question ne consiste pas tant à aimer le prochain que de savoir ce qu’on peut faire POUR lui !!! c’est l’idée du « POUR L’AUTRE », du « POUR TON PROCHAIN » qui compte !!!

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