Paroisse de la Trinité Roubaix-Hem
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      Homélie du 22 avril : Vocation et Beau Pasteur !

Homélie du 22 avril : Vocation et Beau Pasteur !

J’avais terminé la préparation de mon homélie sur le Bon Pasteur quand les équipes liturgiques m’ont demandé de donner mon témoignage de prêtre en cette journée des Vocations.

Je vais essayer de combiner les deux car pour moi ils sont liés.


Pourquoi je suis devenu prêtre ?
A cette époque, j’ai fait ma scolarité primaire et 6ème dans un pensionnat chez les Salésiens à Melles lez Tournai en Belgique. Nous étions internes et revenions à la maison qu’une fois par trimestre. Je garderai toute ma vie cette empreinte religieuse donnée par les nombreux prêtres qui animaient cette communauté éducative. C’étaient des prêtres religieux qui vivaient de l’esprit de St Jean Bosco, un prêtre italien qui a eu la passion de Dieu et la passion des jeunes. Ils m’ont communiqué le virus de devenir un prêtre à l’image de Don Bosco ! Je reste toujours impressionné par cette pédagogie et spiritualité de Don Bosco. Poser sur les jeunes un regard de bienveillance et de confiance pour qu’ils deviennent des personnes responsables et aimantes, le tout dans un esprit de cordialité, de confiance, d’amitié, de joie, de foi, de jeu : jouer avec les jeunes en cours de récréation :
« L’enseignant, dit Don Bosco, qui n’est vu que derrière son bureau n’est qu’enseignant et rien d’autre. Mais s’il passe la récréation avec les jeunes, il devient comme un frère » ! Je suis devenu prêtre pour essayer de rayonner de cette joie de servir Dieu et mes frères, de créer des communautés fraternelles, de créer de la confiance, de la responsabilité, de l’estime réciproque.
« Servez Dieu, dit encore Don Bosco, dans la joie. Faites des choses simples avec conviction, enthousiasme, mais surtout avec joie ».
Là est l’origine de ma vocation à être prêtre, encore et toujours, grâce au témoignage de cette communauté vivante, chaleureuse, fraternelle et cordiale.

Mais il me fallait creuser la source de cette joie, de cette passion de Dieu et de la fraternité. Là aussi ça ne m’est pas tombé du ciel. C’est encore le témoignage d’enseignants exceptionnels qui m’ont donné le goût, la saveur, la passion de comprendre et de vivre la Parole de Dieu telle qu’elle est donnée dans la Bible.
Le jour de mon ordination, c’est le texte de la vocation du prophète Ezéchiel que j’ai choisi comme lecture : « Une voix me dit : Fils d’homme, mange ce rouleau et nourris ton corps avec ce rouleau des Ecritures ». Je le mangeai et, dans ma bouche, il eut un goût aussi doux que le miel » Ez 3,1-3
Grâce à tous ces professeurs, j’ai découvert que cette Parole de Dieu était lumière du monde, arbre de vie et source de bonheur. A l’exemple de St Jérôme, cet amoureux des Ecritures qui est allé vivre à Bethléem pour traduire en latin la Bible hébraïque et grecque et qui disait « Ignorer les Ecritures c’est ignorer le Christ » « Lis les Ecritures ! Que la Bible ne soit jamais hors de tes mains », ma Bible est toujours ouverte sous mes yeux, sur mon bureau. Elle restera toujours ouverte pour dire le sens de notre vie et le sens du monde : Elle est l’Alpha et l’Oméga de l’histoire. Elle restera ouverte sur mon cercueil le jour de mes funérailles.
Mais attention, mes enseignants exceptionnels au séminaire comme à Rome, m’ont appris qu’il fallait la lire avec intelligence, avec raison, en l’interprétant avec tous les outils de la science sans en faire du fondamentalisme et du littéralisme. Dimanche dernier, St Luc nous disait que Jésus « ouvrait l’intelligence de ses disciples pour comprendre et interpréter les Ecritures » ! Il nous faut être les interprètes et les exégètes des Ecritures pour rendre crédible et pertinente cette Parole de Dieu pour notre époque. L’exégète que je suis va essayer par exemple de comprendre ce que signifie cette métaphore du « Bon Pasteur » que nous venons de lire. Il va essayer de dépasser les images d’Epinal, mièvres et bucoliques que des siècles d’histoire lui ont imprimées pour retrouver la force du texte. En fonction du contexte de l’Evangile de Jean, cette métaphore prend une coloration nettement vive, offensive et même polémique. Ce noble et beau pasteur mène ses brebis hors du parvis du temple, hors du Judaïsme dont les chefs ne sont que des voleurs, des brigands, des loups et des mercenaires. Et ce noble et beau pasteur sait qu’il risque sa vie, qu’il met sa vie en jeu dans ce conflit avec les autorités juives. Ce travail de décapage, de décodage, d’interprétation je le mènerai jusqu’au bout !

Je suis prêtre depuis 40 ans. C’est faux ! Non, je suis prêtre depuis 70 ans, le jour de mon baptême en l’église St Roch à Roncq le 12 septembre 1948. Voilà ma 3ème conviction. « Le jour où quelqu’un est baptisé est plus important que le jour où il est ordonné prêtre ou Evêque » ! Et c’est d’ailleurs une erreur de projeter sur celui que l’Evêque ordonne le titre de prêtre car nous le sommes tous et toutes depuis notre baptême : Prêtre, Prophète et Serviteur. Celui qui préside au rassemblement de la communion des communautés, celui qui préside à l’eucharistie, celui qui assure la cohésion et l’unité de la communauté, il est avant tout, un serviteur, un ministre au sens propre du terme c’est-à-dire un « serviteur » (Ministre vient du mot latin « minus » et il est le contraire de « Maître »). Selon une heureuse formule que je prends bien à mon compte, le ministre ordonné n’est pas là pour TOUT faire mais il veille à ce que TOUT se fasse pour le bien de la communauté, en suscitant, avec l’Equipe d’animation Paroissiale, le maximum de responsabilités prises par les laïcs au nom de leur baptême. J’aime aussi cette formule célèbre de St Augustin : « POUR VOUS, je suis Evêque, AVEC VOUS je suis chrétien. L’un est un nom de fonction, l’autre de grâce ». Jamais je ne suis plus heureux dans mon ministère quand je vois le maximum de baptisés impliqués dans la vie, la mission, et le service de l’Eglise et de la paroisse et ceci depuis le service le plus humble qui ne se voit pas jusqu’aux plus grandes responsabilités.
Dans ma jeunesse, les vocations de prêtres étaient légions car les prêtres étaient légions et les communautés chrétiennes florissantes. Aujourd’hui nous devons changer de logiciel pour appeler des vocations. Elles surgiront que si nous nous mettons à repérer, à susciter, à propulser des hommes et des femmes qui sont susceptibles d’animer des communautés chrétiennes, de recevoir la charge d’être signe du Christ au milieu d’elles, signe du Christ Pasteur et Serviteur.
Ce qui fait ma joie de ministre ordonné c’est donc bien ma joie de transmettre l’Evangile, ma joie de vivre une fraternité évangélique avec vous et avec les plus pauvres, ma joie de voir une Eglise qui n’a pas peur de bouger, de changer, qui met en mouvement les femmes, les hommes, les jeunes pour servir le monde, chacun selon ses charismes, COMME LUI, Jésus. Parmi les milles joies au cours de ces 40 ans, rien n’est plus beau pour un ministre ordonné que d’entendre un jour, comme ce fut le cas cette année, cette prière d’un jeune de 14 ans qui osa venir faire cette prière à l’autel à St Jean-Baptiste devant toute l’assemblée. Rien que pour ce petit instant de prière entendue à côté de moi je te dis merci, Seigneur, d’être ton serviteur :

« Dans ma prière, Seigneur, j’y mets mes doutes, j’y mets mes peurs, j’y mets ma crainte et mon amour, j’y mets ma foi pour toujours.
Je la dédie pour toi qui est là mais qu’on ne voit pas, qui nous protège et qui nous aide, qui nous soutient en cas de problème.
Dans cette prière, Seigneur, j’y ouvre aussi très grand mon cœur pour que tu y entres à l’intérieur, que tu effaces tous mes malheurs.
Lorsque tu me feras saint, je serai esclave de tes mains pour servir ta volonté, pour être à tes côtés.
Mais ma prière, Seigneur, parle surtout de mon bonheur d’avoir pu te rencontrer. Oui, Seigneur, je t’ai cherché car sans toi je serai rien, je ne serai qu’un fou plein de chagrin, un homme perdu avec des cris qui tomberaient dans l’oubli.
La fin de cette prière, Seigneur, je voudrais qu’elle dure des heures mais nous avons autre chose à faire qu’à demeurer dans la prière.
Je dirai pour mot de la fin que j’entrevois le droit chemin. Ce sera toujours avec plaisir que je servirai tes désirs. »

En cette journée mondiale des Vocations, nous prions pour tous les amis et la famille du Père Arnauld Chillon, né à Roubaix et décédé à 53 ans. Il était Recteur de la Cathédrale Notre Dame de la Treille à Lille.
Gardons au cœur son sens de la créativité et de l’inventivité dans l’expression de la foi et de la mission, son amour du Christ au cœur de belles liturgies priantes et chantantes, sa passion de la proximité avec les gens et de la communion.

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