Paroisse de la Trinité Roubaix-Hem
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      Homélie de Pâques

Homélie de Pâques

Nous avons vu hier à la veillée pascale que toute l’œuvre de Luc est la mise en œuvre de la résurrection de Jésus dans l’aujourd’hui de notre histoire.
En lisant les récits de la résurrection dans St Jean nous passons à une autre problématique : celle de la FOI.


La découverte du tombeau vide par les deux disciples : Pierre et l’autre disciple se termine par ces verbes abrupts et absolus sans aucun complément d’objet direct : « IL VIT et IL CRUT » !
Ces deux verbes : « VOIR ET CROIRE » ne se retrouveront liés, côte à côte, qu’à la fin du même chapitre 20 de St Jean quand Jésus dira :
« Bienheureux ceux qui, sans avoir VU, ont CRU » Jn 20,29
C’est la conclusion de tout ce chapitre ! Cette parole du Christ approuve et authentifie la FOI de ce disciple bien-aimé qui, sans VOIR le Ressuscité lui-même, CROIT cependant !
Remarquez combien ce récit nous fait comprendre que la résurrection de Jésus est loin d’être une évidence, une donnée qui va de soi. Il y a grande difficulté à croire en cet événement ! Et bien des QUESTIONS sur la FOI vont surgir tout au long de cet Evangile : « Crois-tu ? » demande Jésus à Nathanaël 1,50 ; « Crois-tu ? » demande Jésus à l’aveugle-né 9,35 ; « Crois-tu ? » demande-t-il encore à Marthe 11,26 ; « Comment cela se fait-il que ne croyiez pas ce que je vous dis ? » 5,47 et « Pourquoi ne croyez-vous pas en moi ? » dit Jésus aux Juifs 8,46. Cela ne va de soi de croire en Jésus !
Alors regardons, à travers ce récit des deux disciples ce qui fait accéder à la foi ou ce qui empêche d’y accéder
Pierre « court » au tombeau, il « entre » dans le tombeau et « voit » le linceul et le linge qui avait recouvert la tête. Il ne s’agit donc pas d’un enlèvement. Et le texte prend bien soin de le souligner avec force détails : les linges funèbres sont non seulement restés dans le tombeau, mais ils y sont disposés avec ordre et bien rangés. Il ne peut donc pas s’agir d’un rapt ou d’un transfert de cadavre. Le lecteur s’attend bien sûr à ce que Pierre fasse la bonne lecture de ce qu’il voit et se mette à croire en la résurrection.
Or c’est le silence complet de Pierre : aucune réaction !
L’auteur a utilisé pour l’inspection du tombeau par Pierre d’un verbe intéressant : le verbe « théoréo » qui signifie, dans Jean, fixer quelque chose, voir de l’extérieur mais sans arriver à en pénétrer le sens. C’est rester à la superficie des choses, à la constatation des choses et des événements sans en creuser la profondeur. Et ça arrive souvent dans l’Evangile de Jean. Les gens voient les signes que Jésus pose mais ils ne savent pas les interpréter comme révélation de Dieu en Jésus. Ils s’en tiennent à une lecture primaire, purement matérielle et sommaire du signe. Et c’est ce que fait ici Pierre : il se contente d’observer, de fixer, d’examiner avec une précision toute clinique les linges et suaire. Et il s’arrête là incapable d’interpréter le signe.
« C’est alors que l’autre disciple, celui qui était arrivé le premier, entra à son tour dans le tombeau : il vit et il crut ».
Il a vu les mêmes choses que Pierre : le tombeau vide et les linges bien rangés. Pierre n’a pas cru, mais lui « OUI ». C’est alors que l’auteur utilise un autre verbe pour caractériser l’autre disciple : le verbe « Orao », qui, dans Jean, signifie un regard intérieur, capable de franchir la barrière des apparences pour s’attacher à la réalité profonde du signe. Pour ce disciple, les objets laissés sur place signifient que Jésus s’est libéré de la mort ; son absence physique atteste une présence d’un tout autre ordre, atteste l’inouï de la résurrection de Jésus. La modestie du signe (il n’y a pratiquement rien à voir, puisque le tombeau est vide, hormis les restes dérisoires des linges) contraste avec l’énormité de ce qu’il signifie : la prodigieuse bonne nouvelle du Christ ressuscité, vainqueur de la mort et exalté à la droite du Père !
Ce disciple est le seul qui accède à la foi pascale à la seule vue du tombeau vide. Alors que les tous autres acteurs croient grâce au témoignage des anges ou à l’apparition du Ressuscité, ce disciple voit dans la radicale absence du Crucifié le signe de sa présence à Jamais !
Demeure cependant une question importante : qu’est-ce qui a fait que l’un croie et l’autre non !
L’Evangéliste n’apporte qu’une seule réponse pour expliquer la foi de ce disciple, pour expliquer pourquoi il est le premier à croire dans ce chapitre 20.
Quand il parle de cet autre disciple qui accompagne Pierre au tombeau, il précise qu’il est « CELUI QUE JESUS AIMAIT » et « CELUI QUI ARRIVE LE PREMIER ».
Cette expression « Celui que Jésus aimait » renvoie au récit de la Cène où ce disciple « est appuyé contre le cœur de Jésus » Jn 13,23 en une relation unique et permanente d’intimité et d’amitié et à cet autre récit du Golgotha où il se tient près de la croix de Jésus et devient un nouveau fils pour Marie et un nouveau frère pour Jésus Jn 19,26. Il a été aussi le premier des cinq appelés à suivre Jésus 1,37 et il sera le seul à rendre témoignage de la mort de Jésus et à l’interpréter 19,25-27. Aussi sa foi ne peut être qu’absolue ! « Il vit et il cru » ! Toute sa vie de disciple n’a été qu’une relation d’amour avec le Verbe que cela suffit pour croire en l’impossible de la résurrection de son ami. Sur cet acte de foi fondamental se greffera une intelligence des paroles et des actes de jésus qui aboutira au Livre du 4ème Evangile : seul petit signe lui aussi de la présence du Père en Jésus !
Seule la foi, relation vivante, personnelle et aimante à Jésus est un chemin, possible vers la vie divine, un chemin possible de dépasser la réalité des signes que Jésus met sur nos chemins pour accéder à la vie éternelle.

Croire en Jésus vivant présuppose, pour St Jean, toute une vie d’amour déjà expérimentée, toute une relation de proximité déjà partagée, toute une fidélité déjà éprouvée.
C’est à cause de son amour, de son « aventure amoureuse », que le disciple bien-aimé a cru Jésus Vivant, sorti libre du tombeau.
Si notre foi est fragile, faible et défaillante, laissons-nous guider sur le chemin de la foi tracé par cet autre disciple, en étant au plus près de Jésus, « appuyé sur son cœur », en demeurant dans sa Parole, en fréquentant son amitié. Alors notre vie ne paraîtra plus vide mais elle se remplira de la lumière du Ressuscité et de l’amitié du Ressuscité.

(*) 98 fois le verbe CROIRE dans l’Evangile de jean pour 9 dans l’Evangile de Luc !

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