Paroisse de la Trinité Roubaix-Hem
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      Baptême 2019 : « de Jésus à Dieu : tous enfants de Dieu » !

Baptême 2019 : « de Jésus à Dieu : tous enfants de Dieu » !

Dans le texte liturgique que nous venons de lire sur le baptême de Jésus, on a d’abord sauté et omis des versets qui sont bien sûr embarrassants et on a coupé le texte alors qu’il est relié à ce qui suit !
Donc on a supprimé les versets qui précède immédiatement le baptême de Jésus (3,17-20) et on l’a amputé de sa suite logique (3,23-38) !!! Or c’est ce qui fait précisément sens pour l’Evangéliste Luc dont l’agencement du récit est totalement différent des autres Evangélistes


Luc veut donc d’abord démarquer, détacher, séparer Jésus de façon nette du personnage de Jean-Baptiste. Le récit du baptême de Jésus interviendra donc après l’emprisonnement de Jean par Hérode : « Il enferma Jean en prison » 3,20 et tout de suite après il dit « Jésus fut baptisé » !!! sans dire par qui et un baptême expédié en deux mots ! De plus, le récit du baptême donné par Jean se termine par ses mots étranges : « Il annonçait au peuple la Bonne Nouvelle » 3,18. Or c’est tout le contraire d’une Bonne Nouvelle que Jean annonce : des mots terribles de colère, de fureur et de menace : « le Christ viendra sa pelle à vanner dans sa main et il consumera la paille au feu qui ne s’éteint pas » 3,18 !!! Pour Jean, « le plus fort » le Messie « musclé » qui va venir va purifier son peuple avec vigueur, en opérant un tri sévère. Il jugera tous les humains d’une main, de fer. Et Jean s’arrête sur cette dernière image de menace qui est pour lui « bonne nouvelle » !
Non cela ne peut pas être possible pour l’Evangéliste Luc ! Alors il distance le plus possible ce baptême de Jean de celui de Jésus. Avec Jésus s’ouvre une nouvelle ère et un temps nouveau de salut. Le ciel s’ouvre, l’Esprit descend sur Jésus comme une colombe et une voix du ciel advient : « Toi, tu es mon fils, Moi aujourd’hui je t’ai engendré » ! ou selon les versions « Toi, tu es mon fils bien-aimé, en toi j’ai mis ma bienveillance » !
Le plus fort, le Christ et le Messie se trouve révélé comme le FILS du Père, comme un Fils aimé du père, comme un fils en qui habite toute la bienveillance de Dieu. Nous sommes loin de la cognée et du feu qu’avait annoncés Jean ! La colombe de la paix a enfin trouvé un lieu où se poser depuis le jour où elle avait quitté sans retour l’Arche de Noé. Elle descend « aujourd’hui » et vient se reposer sur Jésus, l’enfant bien-aimé de Dieu.
A son baptême, par la voix du Père, Jésus est reconnu, confessé, révélé comme le Fils de Dieu aimé du Père et incarnant la douceur et la paix de Dieu. Il ne le devient pas à son baptême car il l’est de toute éternité.
A notre propre baptême, nous sommes plongés « dans le nom de Jésus-Christ » Ac 2, 28, plongés dans l’être même de Jésus, au point de devenir, comme dit St Paul, « un même être avec le Christ » Rm 6,5. Par le baptême nous sommes mis sous le signe du Christ, nous vivons de sa vie et nous avons à vivre de la même qualité filiale que celle qui est proclamée au sujet de Jésus à son propre baptême.
Baptisés, nous remontons avec Jésus des eaux de la mort par la puissance de l’Esprit, et nous nous découvrons des fils bien-aimés sous le regard de Dieu et nous sommes conduits avec Jésus à vivre la résurrection, à vivre douceur et la paix, à vivre à l’image de ce Jésus sur qui repose l’Esprit.
Et dès la page tournée du baptême, l’Esprit repose sur Jésus « pour annoncer la bonne nouvelle aux pauvres, donner la liberté, le pardon, l’accueil et la grâce » Lc 4, 18-19 Voilà les engagements que nous prenons à notre baptême !
Mais Luc n’a pas fini le récit du baptême avec la voix du Père qui disait : « Toi, tu es mon fils, Moi aujourd’hui je t’ai engendré », car il enchaîne immédiatement avec la généalogie de Jésus : « Mais LUI, JESUS était reconnu comme le fils de Joseph… » Et va s’ensuivre une cascade de 77 noms qui vont courir jusqu’à la source de toute vie, de tout être, DIEU : « Fils de Joseph…D’ADAM de DIEU Lc 3,38 ».
Les 77 noms sont attachés uniquement par l’article « de » » génitif de dépendance, d’origine, de relation, toujours répété sans interruption : « d’un tel, d’un tel, d’un tel… » : Tous les noms sont alors comme traversés du nom de DIEU qui termine cette généalogie. Chaque personnage, à commencer par ceux de Jésus et de Joseph, hérite de cette qualification « de Dieu » qui éclaire toute la généalogie. Chacun devient le fils de Dieu, comme Jésus est le Fils de Dieu ! Tous les maillons de l’humanité (77 noms !) sont « de Dieu », en chacun se reflète l’image de Dieu. Comme ADAM est « fils de Dieu », créé à la ressemblance de Dieu, (Gn5,1), tous les humains sont « fils de Dieu » créés à la ressemblance de Dieu. Cela dit notre universelle fraternité, notre universelle dignité, notre universelle égalité ! Ce qui a fait dire à un Evêque croate en 1942 lors des persécutions nazies : "Tous les hommes de tous les continents sont des enfants de Dieu ; tous sans distinction. Ceux qui sont Gitans, Noirs, Européens ou Aryens ont le même droit de dire Notre père qui êtes aux cieux. Il n’est pas possible de persécuter les Gitans et les Juifs parce qu’ils sont supposés être de race inférieure".
C’est ici que je suis parfois très gêné par ce chant à la belle mélodie mais pas très juste quand il nous fait chanter au baptême : « Tu es devenu enfant de Dieu et frère de Jésus » ! Non, nous ne devenons pas enfants de Dieu par le baptême, sinon que seraient les autres enfants qui ne sont pas baptisés : « Des enfants du diable !!! » Et qui serait ce Père qui exclurait des hommes de sa filiation ? Tous les humains sont enfants de Dieu, parce que Dieu nous a aimés de toute éternité, il nous a fait exister et il nous accompagne de son amour. Il a créé tous les hommes à son image, « TOUS sont de Dieu », comme dit St Luc. Ceux qui sont baptisés ne sont pas plus aimés de Dieu que les autres mais il leur incombe d’être enfants de Dieu à l’image de ce fils Jésus dans le nom duquel ils sont baptisés.
Notre baptême est comme un sceau, une marque, apposé sur notre existence : une révélation d’amour, une attestation d’amour, une reconnaissance d’amour.
Alors, il nous chanter : non pas « Tu es devenu enfant de Dieu » mais « Tu es reconnu enfant de Dieu » confessé enfant de Dieu ! Oui, baptisés dans le nom de Jésus-Christ, réveillons notre baptême et vivons, en frère de Jésus, la douceur et la paix, le partage et la solidarité, l’accueil large et généreux des perdus et des laissés pour compte, le pardon infini.

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