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      10/04 : l’art de faire Eglise : l’art de la compromission !

10/04 : l’art de faire Eglise : l’art de la compromission !

Tout le monde est d’accord sur le fait que le chapitre 21 de l’Evangile de Jean est un ajout postérieur à l’Evangile. Alors que l’ensemble de l’Evangile est consacré à présenter la personne et l’œuvre de JESUS, le chapitre 21 dirige l’essentiel de son attention sur le destin de deux personnages : Pierre et le Disciple bien-aimé.

« L’Evangile met le Christ en récit, l’épilogue met le récit en Eglise » ! Pierre l’apostat est réhabilité. Le Disciple bien-aimé perd la 1ère place !


Pourquoi une telle réécriture a-t-elle été nécessaire ? Confrontées à une trop forte pression en Syrie, les Eglises issues de cet Evangile ont pris le chemin de l’exil, le chemin de la Turquie où elles s’installent à Ephèse. Mais là elles se trouvent confrontées avec un autre problème : la présence de ce qu’on l’on appelle : « la Grande Eglise », l’Eglise qui se réfère à Pierre et à Paul, une Eglise beaucoup plus institutionnelle, plus dogmatique, plus magistérielle. Comment va se résoudre le choc entre ces deux conceptions différentes de vivre l’Eglise et de comprendre Jésus ? Une Eglise égalitaire à la manière de l’Evangile de Jean ou une Eglise hiérarchique à la manière de la Grande Eglise ? Comment éviter la division et le schisme entre ces chrétiens aux points de vue différents ?

C’est tout l’art de ce chapitre 21 ! L’art de la compromission pour sauver l’unité des Eglises !

De chaque côté, je dirai, on va mettre de l’eau dans son vin, on va accepter des accommodements, des compromis, des concessions, on va lâcher du lest sur certains points pour insister sur d’autres ! Belle manière de vivre les conflits dans les Eglises !

Ce qu’il faut d’abord à tout prix sauvegarder : c’est l’unité des Eglises ! Plusieurs détails insistent sur cette question. Jésus apparaît à 7 disciples : chiffre symbolique qui évoque la perfection et la plénitude. C’est une Eglise unie et parfaite qui est autour de Jésus. Mais attention, cette Eglise n’est plus exclusivement le collège apostolique des Douze ! Elle est composée certes de certains membres des Douze comme Pierre, les fils de Zébédée ou Thomas, mais aussi de Nathanaël de Cana, un disciple inédit et propre à l’Evangile de Jean, le premier initié au mystère de Jésus, et surtout elle intègre encore 2 autres disciples dont la suite du texte révèle que l’un d’eux n’est autre que le Disciple Bien-aimé de Jésus, l’auteur de l’Evangile de Jean. Oui à l’Eglise universelle et apostolique, disent les chrétiens des communautés de l’Evangile de Jean ! Mais une Eglise apostolique ouverte et accueillante à toutes les tendances représentées dans les communautés désormais présentes sur le terrain ! Belle manière de faire vivre la diversité dans l’unité au prix de concessions réciproques, de compromis satisfaisants pour tous !

Mais bien sûr le plus beau, le plus ingénieux des compromis pour faire coexister ces deux communautés, pour que chacun accepte de vivre avec l’autre sans renoncer à ses propres intuitions de foi et d’Eglise, c’est la scène où se retrouvent ensemble et face à Jésus PIERRE et le DISCIPLE BIEN-AIME. Nous connaissons la célèbre phrase qui fonde la « Grande Eglise » de Pierre en Matthieu 16, 18 : « Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise…Je te donnerai les clefs du royaume des cieux… » : Cette phrase trône en lettres majestueuses de 2 m de hauteur sur le pourtour du dôme de la basilique St Pierre de Rome, le plus haut dôme du monde à plus de 136 m de hauteur !

Sur quelles bases va-t-on fonder la reconnaissance mutuelle des 2 Eglises, celle du Disciple Bien-aimé et celle de Pierre ?

La « Grande Eglise » fondée par Pierre et Paul a à reconnaître les grandes intuitions christologiques représentées par le Disciple Bien-aimée : un Evangile qui demande à « demeurer » dans l’amour du Père et du fils.
L’Eglise de Jean a à reconnaître aussi une certaine forme d’autorité que représente Pierre à qui est donnée la responsabilité d’être celui qui préside à l’unité de toutes les Eglises.

Il est merveilleux ce texte qui réalise la synthèse de ce qui semblait inconciliable : une Eglise égalitaire où tous les disciples hommes et femmes sont à égalité comme frères et sœurs de Jésus, conception représentée par l’Evangile de Jean et une Eglise institutionnelle, magistérielle, dogmatique représentée par la Grande Eglise et la devise de Matthieu.

Oui à l’Eglise universelle et apostolique, référée à Pierre, finiront par dire les chrétiens de l’Evangile de Jean, mais à trois conditions essentielles auxquels devront consentir les chrétiens de la grande Eglise.

D’abord que la fonction de gouvernement s’inscrive dans le registre d’une image pastorale : « Sois le berger de mes brebis » dira Jésus à Pierre. Cette image vivante et aimante renvoie à Jésus « le bon Pasteur » qui prend soin de ses brebis, les connaît chacune par leur nom, les protège et les aime jusqu’à se dessaisir de sa vie pour ses brebis. Nous sommes loin et même à l’opposé de l’image de la pierre, dure, morte et statique susceptible d’être interprétée, comme elle le fut d’ailleurs, en termes purement juridiques et administratifs.
Oui à une gouvernance mais douce et miséricordieuse à la manière du Bon Pasteur !
Ensuite que la fonction de gouvernement s’inscrive dans le registre de l’amour et de l’amitié : « Simon, fils de Jean m’aimes-tu ? » La réhabilitation de Pierre n’est possible que basée sur une pleine restauration de la relation d’amour et d’amitié entre Jésus et lui et la nécessité pour Pierre de mettre en œuvre ce même mouvement d’amour et d’amitié. Fondées sur l’amour et l’amitié, les conditions d’exercice du ministère pastoral de l’Eglise connotent moins la solidité du roc que la fragilité de l’amour jusqu’au don suprême.

Oui à une autorité de direction mais dans l’amour et l’amitié !

Enfin, dernière condition, cette « primauté de Pierre » ne se réalisera pas au détriment du Disciple Bien-aimé. Certes, ce dernier mourra, lui aussi, avant le retour de son Seigneur, mais il « demeurera » à jamais parmi les croyants par le biais de l’Evangile dont il est l’auteur. A côté de Pierre, le pasteur universel, se tient le témoin et l’interprète insurpassable du VERBE de Dieu : Jésus, l’Envoyé du Père.

Oui à l’autorité de Pierre mais sans cesse confrontée à l’enseignement du Jésus de l’Evangile de Jean !

Puissions-nous vivre toutes nos relations en Eglise, en paroisse, en famille, en société dans le même état d’esprit qui a permis à ces Eglises différentes et opposées de vivre ensemble : Accueillir et intégrer toutes les tendances même divergentes et opposées ! Vivre tout pouvoir et autorité sous le signe de l’amour et de l’amitié !

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