Paroisse de la Trinité Roubaix-Hem
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      24/01 : La Bible une lettre d’amour

24/01 : La Bible une lettre d’amour

Oui, je suis amoureux de la Parole de Dieu, amoureux des Evangiles !
C’est ma joie de vivre, de croire, de servir et d’aimer !

Alors aujourd’hui impossible de ne pas commenter ce texte grandiose et merveilleux de la proclamation solennelle de la Parole de Dieu dans le livre de Néhémie qui nous dit comment lire et comprendre la Parole de Dieu.


Nous sommes en – 400 avant Jésus-Christ. L’exil à Babylone est fini. Les murailles et le Temple de Jérusalem ont été reconstruits sous la direction du gouverneur Néhémie. « Chacun habite dans sa ville » comme dit l’auteur.
Mais qu’est-ce qui va faire de ce peuple disparate, bigarré, mélangé (ceux revenus d’exil, ceux restés sur place en Judée, ceux restés en Babylonie) le peuple de Dieu : une seule chose : la prise en main de la Parole de Dieu, tous ensemble, « d’un commun accord », hommes, femmes, enfants.

Regardons comment Esdras s’y prend pour donner du sérieux à cette parole de Dieu. J’ouvre seulement trois pistes.

1° Lire la Parole de Dieu avec solennité, autorité et compétence.

Le jour n’est pas choisi au hasard par Esdras. C’est le premier jour du 7ème mois : c’est le nouvel an du Judaïsme. La lecture publique de la Parole de Dieu se veut une renaissance de tout le peuple de Dieu. Chacun est appelé à renaître, à retrouver son identité, ses racines, ses professions de foi dans l’écoute de cette Parole de Dieu, oubliée ou négligée. Alors Esdras y met de la solennité, de l’autorité et de la compétence.
La scène est grandiose et solennelle autour du « Livre ». La célébration de la parole de Dieu a lieu à la Porte des Eaux, en plein air, sur la place publique. C’est une manière déjà de relativiser le culte et les rites du Temple au profit de l’intériorisation de la Torah dans le cœur ! La lecture est intense et longue « de l’aube à midi » ; 13 lévites entourent Esdras, le spécialiste de la loi, sur son estrade en bois, bien en hauteur et bien en voix ; les gestes liturgiques sont nombreux : levée de toute l’assemblée à l’ouverture du livre, bénédiction, acclamation, levée de mains, prosternation, adoration.

Oui devant la Parole de Dieu qui redevient vivante et agissante, qui redonne nos repères, nos racines, notre identité de peuple de Dieu, peuple de la liberté, de la bénédiction, de la fraternité : nous n’avons plus qu’à répondre « les mains levées » : « Amen ; Amen » !

Savez-vous que, dans la liturgie primitive de l’Eglise, ce qui était placé au milieu de la nef de l’église ou juste devant l’autel c’était l’AMBON ( du grec ana bainv= « monter bien haut ») : le lieu de la Parole de Dieu ! Et dire qu’Il était devenu parfois dans nos églises catholiques un petit pupitre avec un minable livre ! Merci à tous ceux qui redonnent de la solennité, de l’autorité et de la compétence à cet Ambon d’où surgit la parole de Dieu : comme dit St Paul, « la foi naît de l’écoute et l’écoute vient à travers les paroles du Christ » Rm 10,17

2° Lire la Parole de Dieu avec intelligence, interprétation, exégèse ;

Remarquez l’insistance du texte sur la nécessité d’interpréter la Parole de Dieu. « Les lévites expliquaient la torah. Ils lisaient dans le livre de la loi de Dieu, ils traduisaient, donnaient le sens et faisaient comprendre ce qui était lu » !
Lire la Parole de Dieu ne suffit pas ! Le texte ne parle pas de lui-même. C’est le refus du littéralisme, de l’immédiateté du texte, du fondamentalisme qui prend le texte au pied de la lettre faisant fi de toutes les difficultés, des contextes, des analyses littéraires et historiques. La lecture de la Bible appelle un travail de traduction, d’interprétation, de compréhension : on appelle cela l’EXEGESE.
Les lévites, d’abord, traduisent l’hébreu en araméen parce les gens ne connaissaient plus l’hébreu. Pour lire la Bible, il faut d’abord la traduire dans une langue compréhensible, audible, en extirper les difficultés pour la rendre vivante et actuelle. Pour lire la Bible, il faut ensuite l’interpréter en fonction des contextes larges et proches, en fonction des genres littéraires, en fonction des contextes historiques. C’est cela l’EXEGESE : « ej hgeomai » « conduire hors de » « produire du sens, des significations, en dehors du texte immédiat ».
Ne prenons pas la Bible comme un livre de recettes où il suffirait de piocher ici ou là pour avoir des réponses à toutes les questions. La Bible fonctionne comme un tout cohérent qu’il s’agit de décoder, de déchiffrer et d’interpréter.
Il y a donc nécessité absolue de traduire et d’interpréter !

Je vais prendre un seul exemple qui a été lourd de conséquence pour le statut de la femme dans l’Eglise. Pendant un siècle, voici comment l’on a « traduit » ce fameux verset 10 du chapitre 11 de la 1ère lettre de Paul aux Corinthiens :
« Voilà pourquoi, dans le culte, la femme doit porter sur la tête la marque de sa DEPENDANCE » TOB 1972 et la note de préciser « la marque de la puissance maritale » ! d’autres traduisent « de sa soumission à l’homme ». Un siècle de traduction catholique et misogyne va dans ce sens : imaginez la catastrophe que cela a donnée pour l’image de la femme dans l’Eglise !!!! En 1988 la TOB a enfin rectifié le tir en retraduisant : « Voilà pourquoi, dans le culte, la femme doit avoir sur la tête une AUTORITE » et la nouvelle traduction liturgique 2013 : « « Voilà pourquoi, dans le culte, la femme doit avoir sur la tête un signe de sa DIGNITE » !!!
On passe de « dépendance » et « Soumission » à « AUTORITE » et « DIGNITE » !!! La femme comme l’homme ont le droit et le pouvoir (ejoysia)
de prier et de prophétiser dans le culte !

3° Lire enfin, la Parole de Dieu comme une lettre d’amour qui va des larmes à la joie !

Vous l’avez repéré dans le texte. A l’écoute de la Parole de Dieu, « Ils pleuraient tous » et Esdras est obligé de leur dire : « Ne pleurez pas ! La joie du Seigneur sera votre force » ! La lecture traduite et commentée fait pleurer le peuple car il mesure l’ampleur des décalages qui le séparent des paroles de Dieu. Le peuple prend conscience des fossés qui se sont creusés entre lui et son Dieu, des ruptures d’alliances qui se sont multipliées entre lui et son Dieu !

Oui nous devrions plus souvent pleurer à la lecture des Evangiles quand nous mesurons combien nous sommes incapables de les mettre en application ! Je connais une paroissienne, cela m’a ému, qui a envie de pleurer chaque fois qu’elle récite le Notre Père tant qu’elle n’arrive pas à bien tout assimiler de cette prière ! Pleurons de cette lettre d’amour des Evangiles que nous n’arrivons pas à combler comme un bien-aimé pleure de ne pas toujours donner le meilleur de lui-même à sa bien-aimée !!!!

Derrière tous les mots de la Bible, il y a QUELQU’UN ! Quelqu’un, JESUS, qui m’aime et qui me parle, qui me fait tressaillir de JOIE !

Martin Luther disait : « La Bible est vivante, elle me parle, elle a des pieds, elle me court après. Elle a des mains, et elle me saisit ! »

Oui, la Bible me court après : « Elle est ma joie de vivre, de croire, de servir et d’aimer ! »

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