Paroisse de la Trinité Roubaix-Hem
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      23/11 " la divine surprise "

23/11 " la divine surprise "

Chacun des 5 grands discours de Jésus qui structurent cet Evangile de Matthieu que nous refermons aujourd’hui se termine tous par cette même formule : « Quand Jésus eut achevé ces paroles… ».


Au 5ème et dernier discours dont nous venons de lire la conclusion, il ajoute : « Quand Jésus eut achevé TOUTES ces paroles.. » :

Jésus n’a plus rien à dire ! Il a achevé d’enseigner, il a mené à terme, à l’extrême et à la perfection TOUT ce qu’il avait à nous dire de la « volonté de son Père ».

Vous vous souvenez encore de la conclusion de son premier discours : « Il ne suffit pas de me chanter à la messe « Seigneur, Seigneur ! pour entrer dans le Royaume des cieux ; il faut faire la volonté de mon Père qui est aux cieux ! » Mt 7,21.

Jésus n’a plus rien à dire, de plus extrême, de plus urgent, de plus expressif de cette volonté de son Père que ces dernières PAROLES répétées à l’infini, que cette litanie 4 fois répétée, avec les mêmes mots, les mêmes 6 verbes, comme pour nous les enfoncer dans le crâne : 24 fois nous avons entendu le cri de Jésus :

  • Moi, j’avais faim et vous m’avez donné à manger !
  • j’avais soif et vous m’avez donné à boire !
  • j’étais un étranger et vous m’avez recueilli(**) chez vous !
  • j’étais nu et vous m’avez habillé !
  • j’étais malade et vous m’avez visité ;
  • j’étais en prison et vous êtes venus vers moi. »

Jésus achève tous ces discours, tout son enseignement pour le récapituler, pour le précipiter en quelque sorte dans cette injonction de venir au secours à tous les « plus petits de tous les hommes » qui sont dans les situations les plus extrêmes de précarité et de détresse.
Et non satisfait de répéter 24 fois la même chose, Matthieu insère ces « toutes dernières paroles » dans un discours de jugement : c’est-à-dire un discours qui doit conduire les chrétiens que nous sommes à l’URGENCE de la décision, à la responsabilité active non pas pour demain mais pour aujourd’hui. Le discours de jugement est un discours de violence, d’interpellation radicale, qui tranche dans le vif, qui dit qu’il n’y a pas de demi-mesure dans la mise en application de ces paroles. On est du côté de Dieu ou on ne l’est pas ! On est du côté de tous les démunis du monde et de tous les pauvres du monde ou on n’est pas avec Dieu ! C’est tranchant, c’est dur, mais il s’agit de mettre les points sur les « i » !

Dans son admirable livre, le Royaume, Emmanuel Carrère montre que Jésus est toujours là où on ne s’attendait pas à le voir, à le toucher, à l’entendre. Et il cite cette formule fulgurante, qui n’a pas été conservé dans les Evangiles mais par un apocryphe : « Fends le bois : je suis là. Soulève la pierre : tu me trouveras dessous. Regarde ton frère : je suis là : tu vois ton Dieu » ! p.351

Matthieu ne nous demande pas de nous « mettre à la place de l’autre » pour nous mobiliser en sa faveur mais de « mettre Jésus et Dieu à la place de l’autre » !
Oui, ce sera la divine SURPRISE d’apprendre que, quand nous donnons une pièce, une parole ou un sourire au SDF de la rue, quand des associations comme A.G.I.R. se battent pour sortir des enfants des bidonvilles , quand nous donnons une visite à ce malade en hôpital ou maison de retraite, que c’est Jésus qui est là, qui me fait la grâce et le don de sa présence en ce frère démuni et fragile.

Il est impossible, pour Mt, de nous dérober à cet accomplissement de la volonté de notre Père du ciel. Je le répète, c’est le dernier mot de Jésus, « ces toutes dernières paroles », prononcées de façon SOUVERAINE, RADICALE, tranchante, avec en plus, comme Mt sait le faire, avec une pointe contre les « boucs » : les boucs (*) ce sont les mâles qui marchent à la tête d’un troupeau de brebis et indiquent le chemin. Les boucs ce sont donc les responsables des nations qui savent trouver des milliards pour sauver l’économie mondiale et il faut le faire mais qui n’arrivent pas à débloquer l’argent nécessaire et urgent pour construire ici des villages d’insertion pour les Roms ou les migrants de Calais. Mais nous, les petites brebis du troupeau, restons toujours inquiets, préoccupés, responsables du mieux être de ceux qui sont en souffrance à notre porte. Tout le monde peut faire quelque chose !
Peut-être avez-vous entendu à Thalassa ce petit village de Calabre RIACE dans les Iles éoliennes qui a accueilli 200 réfugiés de la Méditerranée dans leurs maisons abandonnées en échange de leur reconstruction. De village fantôme, ce village est devenu village d’accueil et d’intégration : l’école a réouvert, des métiers artisanaux sont nés, les gens restent au village !
« J’étais un étranger et vous m’avez recueilli ! »
Tout le monde peut faire quelque chose !

A partir du 1er dimanche de l’Avent, dimanche prochain, nous allons recueillir au fond des églises sur une étagère 5 produits d’urgence qu’ont besoin les Conférences St Vincent de Paul : Pâtes, conserves de légumes et de poissons, Café, Chocolat et produits pour bébés. Et nous souhaitons aussi offrir une vraie fête de Noël pour les 22 enfants des familles Lingurar à Hem et Haubourdin le 25 décembre à la salle Lesueur. Pour cela, nous voulons acheter des jouets pour les petits et les grands. Une urne sera aussi à côté de l’étagère pour cela et vous avez sur votre chaise le bulletin d’adhésion à AGIR !

Vous connaissez cette histoire du crucifix mutilé retrouvé dans les combles d’une église après la guerre 14/18. Le très beau Christ en bois avait perdu ses deux bras. Le sacristain, excellent bricoleur, dit au curé : « Je vais lui sculpter des nouveaux bras ». Mais le curé de répondre : « Non, nous le laisserons tel qu’il est ; il nous rappellera que ses bras et ses mains, désormais ce sont les nôtres » !

Nous serons les bras et les mains de Jésus pour les démunis, les pauvres, les malades, les condamnés en ce temps de l’Avent et de Noël !!!

En savoir plus

(*) les boucs : le mot utilisé par Mt en grec « eriphai » veut dire le « BOUC » le mâle de la chèvre qui marche en tête du troupeau et qui indique la direction :
« Fuyez de Babylone ! Sortez et soyez comme des boucs à la tête d’un troupeau » Jr 50,8
« C’est contre les bergers que ma colère s’enflamme, contre les BOUCS que je vais intervenir » Za 103
** le verbe utilisé par Mt n’est ni « accueillir » « dechomai », ni « recevoir » « lambano » mais « RECUEILLIR chez soi, dans sa maison » (suvagago) = accorder l’hospitalité à une personne dans une situation particulièrement difficile (Juges 19,15-18)

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