Paroisse de la Trinité Roubaix-Hem
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      22/06 Pain de fraction et de communion

22/06 Pain de fraction et de communion

Remercions les chrétiens de la ville de Corinthe de s’être beaucoup disputé et d’avoir posé beaucoup de questions et de problèmes à Paul. Cela lui a donné l’occasion de s’exprimer sur l’eucharistie que nous fêtons aujourd’hui et de nous donner l’une des plus belles affirmations sur les implications de notre participation à l’eucharistie


Cette phrase est inscrite en exergue sur notre feuille d’assemblée et nous l’avons chantée en faisant venir en procession la coupe et le pain :

« Le pain que nous rompons n’est-il pas communion au Corps du Christ ?
Puisqu’il y a un seul pain, les nombreux que nous sommes nous formons un seul corps, car tous nous avons part à un seul pain » 1 Cor 10,16

Le pain que nous partageons c’est un pain de fraction !
Le pain que nous partageons c’est un pain de communion !
Il est dommage que ce rite de la FRACTION du pain passe souvent inaperçu car il désignait autrefois l’eucharistie elle-même et c’est même l’évangéliste St Luc qui a créé de toute pièce cette expression pour désigner la cène.
« Les croyants, dit-il, se montraient assidus à l’enseignement des Apôtres et à la FRACTION DU PAIN » Ac 2,42
Et l’expression « Rompre le pain » « klao » se retrouve 14 fois uniquement dans les récits de multiplication des pains et de liturgies eucharistiques. C’est ce verbe que St Paul utilise dans les deux seuls textes de cette lettre où il parle de l’eucharistie :
« Le pain que nous rompons n’est-il pas communion au Corps du Christ » 10,16
« Ceci est mon corps rompu pour vous » 11,24
Une telle insistance et une telle valorisation de cet acte de « rompre le pain » devraient nous interroger et mettre en meilleure lumière ce qui est devenu un rite presque imperceptible jusqu’à même devenir parfois inexistant.
La fraction du pain ne peut pas être qu’un simple petit détail anecdotique à négliger. Elle est significative d’une dimension essentielle de l’eucharistie et de ce que nous sommes appelés à devenir en recevant le corps du Christ.
L’unique pain, Jésus le brise, le rompt, le casse. Comment ne pas y lire le corps brisé, rompu, cassé de Jésus sur la croix ?
N’oublions pas que cette fraction du pain se réalise normalement pendant tout le temps où nous chantons « L’AGNEAU DE DIEU » qui annonce que Jésus est le véritable agneau pascal, égorgé, tué et mangé. Jésus est l’Agneau de Dieu dont la vie a été « rompue », « brisée », « livrée », « donnée » pour la multitude !
Ce chant n’est pas un passe-temps ! C’est une hymne qui donne sens au geste de la fraction du pain !
En recevant le Pain rompu, nous prenons l’engagement de devenir nous-mêmes des corps « brisés », « rompus », « livrés », « donnés » pour la vie de tous nos frères à l’image de Jésus comme dit St Paul, « corps rompu pour nous » !
Mais Paul ajoute aussitôt : « Ce pain que nous rompons n’est-il pas COMMUNION au corps du Christ ? Puisqu’il y a un seul pain, les nombreux que nous sommes nous formons un seul corps, car tous nous avons part à un seul pain »
Ici, nous le voyons bien, l’insistance de Paul n’est pas tant sur la présence réelle du Christ que sur la COMMUNION : « Il ne dit pas : le pain rompu EST le corps du Christ, mais communion du corps du Christ » !
Ce pain unique rompu est maintenant PARTAGE en autant de parts qu’il y a de participants pour former UN SEUL CORPS. D’un seul pain, nous devenons un seul corps, à la fois le corps du Christ et le corps fraternel. Il s’agit de reconnaître la présence du corps fraternel et communautaire dans le pain eucharistique.
Toute l’Eglise primitive ira dans ce sens. En témoigne la célèbre prière de la Didaché : « Comme ce pain rompu, autrefois dispersé sur les collines, a été recueilli pour devenir un seul tout, qu’ainsi ton Eglise soit rassemblé des extrémités de la terre dans ton Royaume » ! En témoigne ce texte célèbre de St Augustin : « Tu entends ce mot : « le Corps du Christ » et tu réponds Amen. Sois donc un membre du Christ pour que soit vrai ton Amen ». En témoigne ce texte de St Chrysostome : « Que deviennent ceux qui communient ? Un seul corps dans le Christ, unis les uns aux autres. Ne déshonore pas le Pain du Seigneur en ne partageant pas ton pain avec les pauvres » !
Voyez-vous ce n’est qu’à partir du Moyen Age que l’on a glissé de cette « communion fraternelle » vers « une nourriture spirituelle » et vers une chosification de l’hostie consacrée. D’une perspective communautaire nous sommes passés à une perspective individualiste : « Moi et le petit Jésus ! » « Je reçois Jésus dans mon cœur ! »
Redécouvrons à la suite de St Paul l’eucharistie comme COMMUNION FRATERNELLE, CORPS FRATERNEL à construire bien que déjà donné en espérance !
Redécouvrons le vrai sens étymologique du mot « communion » qui ne veut pas dire « UNION avec Jésus », mais ce mot dérive du latin « Com-munus » qui signifie « avoir une RESPONSABILITE commune » : (MUNUS = charge, responsabilité comme dans le mot « muni-cipal = prendre une charge »).
Et cette responsabilité que nous prenons en venant communier c’est de construire une communauté de fraternité, de partage et de solidarité !
En recevant le pain rompu, devenons une communauté de frères et sœurs unie dans la diversité comme en ce jour de rassemblement communautaire et prenons la responsabilité commune d’être frères et sœurs de toute l’humanité dans ce qu’elle a de plus démunie, blessée et pauvre !
Il existait autrefois un beau geste pour ceux qui ne pouvaient pas encore accéder à la communion, n’étant pas encore baptisés. Du Pain Bénit leur était distribué après la communion, en signe de fraternité et de partage comme pour signifier qu’ils sont, eux-aussi, invités à vivre l’unité entre eux et à « rompre » leur vie comme l’Agneau de Dieu !

En cette fête du Corps et Sang du Christ, pour une fois, nous n’allons pas écarter nos petits enfants du partage du pain.
Comme il est prévu, à l’offrande, nous allons bénir deux pains : le pain de l’eucharistie et le pain des petits enfants. Puis, après la communion des adultes, j’inviterai tous les enfants qui n’ont pas encore communié pour la première fois à s’approcher par l’allée centrale, accompagnés de l’un de leurs parents, et à recevoir le Pain Bénit.

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