Paroisse de la Trinité Roubaix-Hem
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      20/09 Quand l’évangile est un enfant

20/09 Quand l’évangile est un enfant

Le titre d’un livre palpitant de Michel Barlow conviendrait magnifiquement à l’Evangile de ce jour : « Quand l’Evangile est un enfant ! » Nous sommes en plein milieu de l’Evangile de Marc dans la section centrale consacrée au chemin de Jésus vers Jérusalem, section scandée par les 3 annonces de la passion de Jésus. Notre séquence se situe après la 2ème annonce de la passion et met en parabole du Royaume un ENFANT :
« Prenant alors un enfant, il le plaça au milieu des Douze et il le prit dans ses bras ».


Oui, l’Evangile est devenu un enfant ! Oui, le Royaume est devenu un enfant !
Nous n’avons pas encore tiré toutes les conséquences pastorales, éthiques, ecclésiales de cet Evangile radical et détonnant de Marc dont le nom signifie « marteau », ce qui convient bien à cet auteur, qui sait insister là où ça fait mal et enfoncer le clou, lui l’Evangéliste de la Croix de Jésus.
3 parties dans cet Evangile de Marc dont chacune pourrait se prévaloir d’une figure aux antipodes de ce que nous aurions mis, nous, très certainement en exergue ! L’ETRANGER ! l’ENFANT ! L’ESCLAVE !

Nous avons vu comment dans la 1ère partie de cet Evangile, Jésus ne reste pas calfeutré dans la terre sainte d’Israël mais comment il ne cesse de traverser la mer de Galilée. Nous avons repéré les sept traversées entre la rive occidentale et la rive orientale du lac de Galilée. Sept traversées pour aller sans cesse du connu à l’inconnu, du pur à l’impur, du saint au païen, en traversant Gérasa (en Jordanie), Tyr, Sidon, Césarée de Philippe (au Liban), la Décapole (en Syrie). Jésus n’a jamais eu peur de toucher l’étranger, de discuter avec lui, de se laisser bousculer par lui comme avec la femme Syro-phénicienne qui le convainc de changer de mentalité.
Merci Alin d’avoir fait entrer l’Afrique, le Cameroun à Roubaix, à Hem. Tu nous as fait prendre conscience que nous sommes des privilégiés quand nous pouvons ouvrir nos robinets aussi naturellement alors que dans ton village on peut encore mourir de l’eau du puits ! Tu nous as appris à partager, à créer de l’amitié, de la sérénité, avec le puidalin et dans toutes tes relations.

Cette ouverture à l’universel, à l’autre comme étranger, à l’autre comme hôte, comme visiteur de Dieu, c’est l’Evangile de Marc à l’œuvre. Nous continuerons à écrire cet Evangile avec Stéphane Mboula de Centre Afrique, avec la famille Lingurar, la famille Sakarya, et toutes les familles cosmopolites de notre ville de Roubaix.

Dans la 2ème partie de l’Evangile de Marc, c’est l’ENFANT qui tient toute la place, la première place, la place centrale alors que cette place est revendiquée par ceux qui pensent être les premiers, les plus importants, les plus haut placés : Pierre, les Douze, Jacques et Jean ! Il faudra que Jésus s’y prenne à trois fois pour essayer de leur faire comprendre qu’avec son Evangile, son Royaume, tout est chamboulé : « L’Evangile est un enfant ! Le Royaume est un enfant ! »
A qui appartient le Royaume de Dieu ? Les Douze pensaient bien que c’était à eux, à eux qui savent, à eux qui connaissent la loi de Dieu, à eux qui ont reçu le pouvoir de Jésus, à eux qui détiennent l’autorité.

Et voilà que Jésus, dans une véritable provocation, place au milieu d’eux un enfant et leur dit que c’est à eux qu’appartient le Royaume de Dieu ! Revenons 2000 ans à l’arrière. C’est mettre au niveau le plus haut ce qui est le plus bas ; c’est poser comme le plus important ce qui est le plus insignifiant ; c’est rendre visible ce qui est invisible !

Les enfants qui ne sont rien, ne croient rien, ne font rien, sont les enfants du Royaume. Quelle claque pour les Douze et pour nous ! Nous n’aurons jamais fini de mettre en application l’Evangile de Marc où Jésus met en avant les jeunes sur les vieux, les malades sur les bien-portants, les pauvres avant les riches, les femmes avant les hommes, les anonymes avant les disciples.
C’est cette communauté-là d’Evangile et de Royaume que nous avons à créer chaque année et tout particulièrement en cette année de mise en œuvre du Synode. Nous aurons à travailler ce texte pour créer des paroisses nouvelles dans l’esprit de cet Evangile de Marc, quitte à déranger nos habitudes, à renverser plein d’idées reçues, à nous lancer dans le vide !

Il y a une troisième figure qui s’impose dans la troisième partie de l’Evangile de Marc : c’est la figure de l’ESCLAVE. Elle est déjà dessinée dans notre texte sur l’enfant quand Jésus dit : « Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous, le serviteur de tous, l’esclave de tous » ! Et nous savons que la passion de Jésus dans Marc c’est la mort atroce d’un esclave sur la croix où Jésus meurt comme le dernier de tous. Au lieu de mourir d’une mort noble et digne, comme un héros ou un sage, Jésus, dans Marc, meurt de la mort la plus ignominieuse et horrible possible, la mort d’un esclave !

Nous n’aurons jamais fini de tirer les conséquences d’une telle conception de Dieu qui se donne à voir, à penser et à vivre dans la mort d’un esclave.

C’en est fini de tous ceux qui rêvent d’une Eglise triomphante, prestigieuse, riche. A la croix de Jésus, dans Marc, se donne à lire une Eglise qui crie sa souffrance avec tous les condamnés, les excommuniés, les exclus, les derniers.

A la croix de Jésus, dans Marc, se donne à vivre une Eglise, une paroisse, une communauté qui va jusqu’au bout du service, jusqu’à la démesure du service, jusqu’à l’épuisement au service de tous !

Merci alors à toutes celles et ceux qui vivront cette année pastorale 2015/2016 sans compter leur temps, leur énergie, leurs forces, dans tous les services, les mouvements, les associations de la paroisse, de la ville, de la société à l’image de Jésus, l’ETRANGER, l’ENFANT et l’ESCLAVE !

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