Paroisse de la Trinité Roubaix-Hem
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      16/08/15 « Croire…Manger »

16/08/15 « Croire…Manger »

le geste du pain donné en surabondance qui est le signe d’un autre pain que les disciples et les foules sont invités à connaître, à chercher et à manger.


Comme beaucoup de textes de l’Evangile de Jean, un même geste de Jésus est susceptible de recevoir plusieurs interprétations enchevêtrées l’une dans l’autre. Par exemple, le geste du lavement des pieds dans Jean, s’il est lu d’abord comme un geste de Jésus le Maître qui inverse les rapports de force et de subordination pour les remplacer par des rapports de service et d’affection, est aussi interprété en termes de passion et de mort : « déposer ses vêtements » signifiera, en cette seconde interprétation, non plus adopter une attitude de service mais « déposer sa vie » et « déposer ses vêtements » pour mourir sur la croix. Un même geste revêt 2 significations différentes et complémentaires.

C’est la même chose ici avec le geste du pain donné en surabondance qui est le signe d’un autre pain que les disciples et les foules sont invités à connaître, à chercher et à manger.

Dans un premier temps, c’est la première interprétation et certainement la plus ancienne, le pain est assimilé à la Manne laquelle désigne, dans le Judaïsme, la Parole de Dieu, la Sagesse de Dieu, la Parole de Dieu, la Torah telles qu’elles sont maintenant annoncées et incarnées par Jésus de Nazareth.

Pour recevoir la vie éternelle, il nous suffit de CROIRE en Jésus :
« Amen, amen, je vous le dis ; celui qui croit en moi a la vie éternelle car moi je suis le Pain de vie » Jn 6,47
« Moi je suis le Pain de vie. Celui qui vient à moi n’aura plus jamais faim ; celui qui croit en moi n’aura plus jamais soif » Jn 6,35
C’est notre foi en Jésus qui nous donne la vie éternelle. Il nous faut manger sa parole, adhérer à ses enseignements et croire en lui. A nous de croire que c’est Jésus qui apaise toute faim et étanche toute soif, telle l’eau vive promise à la Samaritaine : « Celui qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura plus jamais soif ; au contraire l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source jaillissant en vie éternelle » Jn 4, 14
Cette 1ère interprétation rejoint certainement ce qu’a été le dernier repas de Jésus de façon historique : « un repas avec le rite du pain seul, accompagné d’une coupe d’eau », tradition qui s’est maintenue dans les Eglises attachées à leurs racines juives comme les Ebionites où il n’y avait pas de coupe de vin à l’eucharistie et dans la façon de dénommer l’eucharistie « la fraction du pain » sans mention du vin.
En communiant au Pain de vie et en buvant à la coupe d’eau, donnés par Jésus, c’était reconnaître et croire que Jésus était la Parole de Dieu, la Sagesse de Dieu, l’Esprit de Dieu qui donne la vie éternelle.
Sommes-nous suffisamment convaincus que c’est Jésus qui apaise notre faim et qu’il est notre source de Vie ?
Plus tard, quand la mission de l’Eglise s’adressera aux Grecs et aux Romains, une seconde interprétation de ce Pain de vie verra le jour en le présentant à la lumière de la mort violente de Jésus sur la croix.

L’auteur précisera d’abord que ce pain surabondant est donné « peu avant la Pâque qui est la fête des juifs » Jn 6,4 et surtout il introduira le thème du sang versé :
« Le pain que je donnerai c’est ma chair, donnée pour que le monde ait la vie » Jn 6,51
« Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi je le ressusciterai au dernier jour ».Jn 6, 54
« Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi je demeure en lui » Jn 6,56
C’est clair, il ne s’agit plus ici de « manger la Parole de Dieu et d’y croire ». D’ailleurs l’auteur change de mot pour « manger » : d’un côté s’agissant de la Parole de Dieu il emploie le verbe normal de « manger », mais ici pour la chair du Christ il emploie un mot rude, réaliste et provoquant : « mâcher, mastiquer, croquer », très certainement pour se défendre déjà de chrétiens déviants et gnostiques qui refusent de croire que Jésus est bien venu en notre humanité en chair et en os, et dans un contexte bien sûr grec où la question de boire du sang ne se pose pas et n’est pas un interdit majeur comme dans le Judaïsme.

Le Pain de vie est devenu le corps et le sang du Christ, offerts et partagés en mémorial de sa mort et résurrection pour le salut du monde. Il n’est plus question ici d’une adhésion purement intellectuelle à Jésus, comme dans la 1ère interprétation, mais d’une action : il s’agit de s’approprier toute la vie de Jésus jusqu’en sa passion, mort et résurrection. La foi ne se réduit plus à des mots mais devient un corps à corps, un corps humain (moi, nous) qui reçoit un corps mort et ressuscité : celui du Christ en sa totalité d’homme glorifié ayant donné sa vie jusqu’à la mort : corps et sang. Et cette communion au corps et au sang du Christ est tellement un corps à corps que le Christ, comme dit St Jean « demeure en nous et nous en lui » !
Manger la chair du Christ et boire son sang, c’est faire nôtre son humanité, sa manière d’être homme, c’est s’imprégner de tout ce qui a fait la vie de Jésus dans sa totalité et c’est donc aussi partager en même temps sa divinité car le corps de Jésus est ressuscité. Manger, faire nôtres, le corps et le sang du Christ signifie adopter, reproduire en nous l’amour de Jésus qui l’amène à donner sa vie, l’amour tel qu’il est en Dieu et qui constitue son être. Recevoir en nous l’être même de Jésus c’est s’engager à vivre en plénitude comme Jésus jusqu’à nous dessaisir de nos vies pour les autres

Devenus son Corps, nous avons à vivre comme lui, « une vie donnée pour que le monde ait la vie » !

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