Paroisse de la Trinité Roubaix-Hem
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      10 septembre 2017 : Tu es toujours mon frère !

10 septembre 2017 : Tu es toujours mon frère !

C’est très dangereux pour l’interprétation des textes que de ne retenir et de ne choisir que certains textes dans la lecture suivie de l’Evangile de Matthieu.
Ainsi nous sommes passés dimanche dernier du chapitre 16 au chapitre 18 aujourd’hui, sans aucune transition, et en plus pour ne retenir que les quelques petits versets 15 à 20 du chapitre 18 en éliminant les 14 premiers versets de ce chapitre qui donnent pourtant la clé d’interprétation des chapitres 18 à 20 tout entiers consacré à la vie fraternelle en Eglise.


Et vous le savez, ces quelques petits versets 15 à 20, extraits de leur contexte, ont servi à l’Eglise pour justifier des mesures d’excommunication : « Si ton frère refuse d’écouter l’Eglise, qu’il soit pour toi comme le païen et le collecteur d’impôts » Mt 18,17. Cette règle disciplinaire, extraite de son contexte, s’est prêtée à des interprétations dangereusement sectaires et l’histoire du christianisme en a offert de tristes confirmations.

Or le propos de Matthieu est à l’exact opposé de cette perspective d’exclusion, d’ostracisme et d’excommunication du frère de la communauté chrétienne. S’il y a eu effectivement une tentation de la part des premiers chrétiens et des premiers responsables de l’Eglise d’user et d’abuser de leur pouvoir, le but des chapitres 18 à 20 est précisément d’empêcher toute dérive sectaire et de recadrer les règles disciplinaires. Au lieu d’en faire une procédure d’exclusion, il s’agit au contraire d’en faire une procédure de réconciliation, de tout faire pour gagner son frère au lieu de le condamner et de le bannir comme un mouton noir.

Et Matthieu va s’y prendre de plusieurs manières pour recadrer, pour tordre le cou à ces funestes règles d’exclusion qui menacent toute communauté.

Tout d’abord en organisant tout le chapitre 18 autour des relations communautaires en partant de l’accueil des « petits » (18,1-14), en passant par la recherche du frère « égaré » (18,15-20) pour arriver au pardon infini et illimité (18,21-35).

A la question des disciples pour savoir qui est le plus grand, Jésus répond par un geste spectaculaire qui invite à repenser les structures des relations sociales et ecclésiales. L’enfant qui est rien à l’époque, Jésus le place au milieu des disciples. Au milieu, c’est-à-dire à la présidence ! L’Eglise n’est pas celle des grands et des Monseigneurs, elle est celle qui se met au service et se fait petite au milieu des petits et qui n’a de cesse d’aller à la recherche de la brebis égarée.
D’où la parabole de la brebis égarée, juste avant la règle disciplinaire !

L’accent de cette parabole ne porte en rien sur la déviance de ce frère qui n’est pas décrite mais uniquement sur l’attitude attentionnée du berger, sa recherche, sa joie de retrouver le frère égaré. La communauté chrétienne est invitée à la même miséricorde : elle ne doit pas exclure mais chercher passionnément à ramener à la communauté le frère égaré, à rechercher le frère séparé comme le berger part en quête de son mouton perdu. Il n’y a pas de moutons noirs dans la communauté chrétienne. La volonté de Dieu en Jésus, comme conclut Matthieu dans cette parabole et c’est son dernier mot : « Votre Père qui est aux cieux ne veut pas qu’un seul de ces petits ne se perde » Mt 18,13 !

Surplombant la règle disciplinaire, cet accueil des petits les plus fragilisés et cette recherche passionnée du frère égaré ou séparé jusqu’à la joie des retrouvailles doivent s’imposer en priorité dans l’Eglise comme chemin de réconciliation et de fraternité : il n’y a pas de moutons noirs dans l’Eglise, des gens qu’on devrait exclure ou excommunier parce qu’ils ne pensent pas comme nous, n’agissent pas comme nous ou nous semblent déviants par rapport à nos propres critères, de foi, d’éthique ou d’appartenance à l’Eglise.

Mais le recadrage de la règle disciplinaire passe aussi par un contexte encore plus large. Ce chapitre 18 est le centre d’une plus longue section qui va du chapitre 16 au chapitre 20 où s’entrecroisent deux thèmes, répétés chacun trois fois, qui viennent mettre à mal tout risque de sectarisme, d’ostracisme ou d’exclusion.
Toute cette section est marquée par le chemin de Jésus vers sa PASSION et sa mort.
En amont de Mt 18, le récit est marqué par deux annonces de la Passion de Jésus ( 16,21 et 17,22-23) et en aval par une troisième annonce de la passion (20,17-19). La vie communautaire et fraternelle est à vivre à l’ombre de la passion et de la mort de Jésus. L’attention au frère, le souci des petits, la passion de la fraternité c’est la mise en œuvre du chemin d’humilité, de fragilité, de passion de Jésus-lui-même.
Notre chemin de fraternité peut et doit aller jusqu’à l’usure de nos forces, jusqu’à l’épuisement de nos forces, jusqu’à l’offrande de nos vies !

L’autre thème qui parcourt notre section et uniquement dans notre section c’est celui de l’ENFANT et du SERVITEUR (en grec et en hébreu c’est le même mot « pais » ou « naar »). En exemple de modèles du Royaume des cieux, en opposition aux disciples ambitieux, Jésus ne propose que l’ENFANT et le SERVITEUR en 18,1-11 ; 19,13-15 et 20,28-29. Devenir petits comme un enfant, devenir serviteur et esclave comme Jésus ! Et si nous ne sommes que des enfants et des serviteurs, alors nous n’aurons plus l’insolence de traiter nos frères de moutons noirs ou de les exclure de notre communauté.

Puis-je terminer par ce texte de St de St Augustin que j’aime beaucoup :

« Si ton frère te cherche querelle, réponds de façon pacifique :

Dis ce que tu veux, exprime ta haine autant que tu le souhaites mais tu es mon frère. Il n’est rien que tu puisses faire pour ne plus être mon frère. Oui, que tu sois bon ou mauvais, que tu le veuilles ou non, tu es mon frère. »

Et s’il te répond : « D’où suis-je ton frère, toi mon ennemi, mon adversaire ?-

Réponds-lui : « Tu es mon frère. Reconnais en toi le signe de mon Père, la parole adressée à notre Père. Oui, toi, frère méchant, frère querelleur, tu es mon frère. Car tu dis comme moi : « Notre Père qui es aux cieux ».

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Prière universelle

Ô Esprit du Dieu vivant
Viens toucher mon cœur (bis)
Prends-moi, guide-moi en Ton amour
Ô Esprit du Dieu vivant
Viens toucher mon cœur

1-Seigneur Jésus Tu dis que nous sommes « Merveille » à tes yeux.
Donne –nous la grâce, ici et maintenant, de le reconnaître.
Silence…
2- Seigneur Jésus Tu dis :« Aimez-vous les uns les autres ». Donne-nous, ici et maintenant, la grâce, de voir en chacun de nos frères et sœurs, la « Merveille »que tu as créée.
Silence…
3- Seigneur Jésus Tu dis : « …si deux d’entre vous sur la terre se mettent d’accord pour demander quoi que ce soit, ils l’obtiendront de mon Père qui est aux cieux. »
Donne à notre communauté, ici et maintenant, une grâce de confiance, une grâce d’espérance pour que nous puissions vivre ensemble une Eglise fraternelle, une Eglise à Ton image.
Silence…
4- Ici et maintenant, ensemble prions pour nos frères et sœurs des Antilles et tous ceux touchés par les catastrophes naturelles et humaines.

Ô Esprit du Dieu vivant
Viens toucher mon cœur (bis)
Prends-moi, guide-moi en Ton amour
Ô Esprit du Dieu vivant
Viens toucher mon cœur

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