Paroisse de la Trinité Roubaix-Hem
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      03/05 " une Eglise égalitaire et mystique "

03/05 " une Eglise égalitaire et mystique "

Contrairement à la parabole du Bon berger de dimanche dernier située en plein ministère de Jésus à Jérusalem, celle de la vigne appartient à la section des discours testamentaires prononcés au cours du dernier repas de Jésus avec ses disciples. C’est donc une dernière parabole qui va concerner en priorité les rapports entre Jésus et ses disciples : une parabole qui va nous dire ce qu’est l’Eglise pour cet Evangile de Jean !

« Moi, Je suis la vraie VIGNE et vous êtes les SARMENTS ! »


Attention, ça va être radicalement différent de la conception de l’Eglise que nous donne par exemple l’Evangile de Matthieu où un certain St Pierre va être mis en avant avec cette fameuse phrase : « Tu es Pierre et sur cette pierre, je bâtirai mon Eglise : tu auras les clés de l’enseignement et du magistère » Mt 16,18 : une Eglise qui deviendra pyramidale, hiérarchisée, institutionnelle, Apostolique ! Rien de tout cela dans l’Evangile de Jean, dans la communauté Johannique.

Regardons d’abord toutes les transformations que cet Evangile fait subir à l’image traditionnelle de la VIGNE omni présente dans la Bible et les évangiles synoptiques. Partout, dans l’Ancien Testament, la vigne représente le peuple de Dieu, Israël : « Dieu a planté une vigne, dit le prophète Isaïe, et cette vigne c’est la maison d’Israël » Is 5,7. Partout, dans la littérature chrétienne, la vigne représente l’Eglise : « Nous te rendons grâce, notre Père, pour la sainte vigne : ton Eglise rassemblée des extrémités de la terre » dit la prière de la Didaché 9,2-4

Eh bien non, pour l’Evangile de Jean, « la Vigne ce n’est pas l’Eglise » : « Moi, Jésus, Je suis la vraie VIGNE et vous êtes les SARMENTS ! »

A la différence de tous les textes de la Bible, pour lesquels la vigne ( ampelon) désigne le vignoble composé de multiples pieds, le texte de Jean s’attache à l’UNIQUE PIED de VIGNE riche de multiples sarments. Ce qui est mis ici en valeur c’est l’unité du pied de vigne qui est à la source et à la vie de chaque sarment : et cette vigne c’est le Christ !

Nous allons bien au-delà de la parabole du Bon pasteur qui situait le Pasteur devant, voire au-dessus du troupeau dont il a la charge. Ici, Jésus s’identifie à la totalité de la vigne ( pied de vigne et sarments) ! Jésus est à la fois l’unique source de vie des sarments, le lieu même de leur unité et en même temps il ne fait qu’un avec ses disciples. Nous allons bien au-delà de l’image paulinienne d’un Christ Tête de l’Eglise dont les chrétiens seraient les membres, où la tête est valorisée quand même au détriment des membres.

« Moi je suis la vigne, toute la vigne » ! Les disciples sont donc moins soumis au Christ, telles les brebis au pasteur, telle la tête par rapport au corps, que inclus en lui, à l’exemple des sarments réunis en un seul pied de vigne. Le Christ et l’Eglise sont une seule et même réalité, qui se fonde l’une dans l’autre.

C’est si vrai que Jésus va souligner cette réciprocité de l’un dans l’autre par cette phrase qui défie toute représentation et même toute traduction : « Demeurez en moi et MOI en VOUS » 15,4. Comment mieux dire cette habitation mutuelle de Jésus en nous et de nous en Jésus, cette totale réciprocité de l’un dans l’autre, cette co-existence de l’un dans l’autre ?
Que nous sommes loin de cette Eglise institutionnelle, Apostolique, hiérarchisée, pyramidale qui a prévalu dans notre Eglise catholique et romaine ! Ainsi est la communauté johannique qui ose présenter une autre facette de l’Eglise, plus mystique, plus égalitaire, plus relationnelle, plus amoureuse !

Seul, Jésus, peut être dit « VIGNE », c’est-à-dire source de vie et principe d’unité ; tout autre prétendant à ce titre peut être vu plus ou moins comme un imposteur ! Plus que toute institution, ce qui importe en premier lieu, pour cet Evangile, c’est la qualité du lien unissant chaque disciple à son unique et bien-aimé Seigneur Jésus-Christ.

Aucun des disciples dans cet Evangile de Jean, n’est nommé Apôtre ! Privilégiant les personnes sur les institutions, privilégiant des personnages inédits comme Nicodème, le disciple bien-aimé, Lazare, Marie de Magdala sur les grandes figures apostoliques, l’Evangile de Jean recentre l’exercice de toute autorité et de tout ministère sur la capacité de nouer des relations interpersonnelles puisant leur source à l’amour qui unit le Père et le Fils.

J’aime cette conclusion de l’un des plus grands exégètes de St Jean : R. Brown
« La conception de l’Eglise de Jean, est la plus attirante et la plus passionnante du Nouveau Testament. On se réjouit qu’à la fin du 1er siècle, alors que, dans l’Eglise, se mettaient en place des structures d’autorité et de gouvernement, il se soit trouvé des chrétiens qui avançaient encore au son d’autres tambours. Dommage qu’on les a fait taire ! »

Mais l’Evangile de Jean est toujours là pour faire entendre sa voix discordante !!!

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